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L'Hôtel-Dieu

1600-1700

Intéressée par la Nouvelle-France depuis que des Hospitalières de Dieppe et des Ursulines s’étaient établies dans la ville de Québec en 1639, Jeanne Mance arriva à Ville-Marie le 17 mai 1642 en compagnie de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Un fort a alors aussitôt été bâti dans l’actuel Vieux-Montréal et c’est à l’intérieur de ses murs que le premier hôpital aurait été construit. Montréal est d’ailleurs l’une des seules villes du monde dont la date de fondation correspond aussi à celle de la construction de son premier hôpital. Celui-ci n’a été toutefois que provisoire puisque dès 1644 on prépara la construction d’un nouveau bâtiment à l’extérieur de l’enceinte du fort. Pour les deux siècles qui suivirent, l’Hôtel-Dieu s’installa sur un terrain de l’actuelle rue Saint-Paul.

Le 20 octobre 1659, les trois premières Hospitalières de Saint-Joseph arrivent en Nouvelle-France pour appuyer Jeanne Mance et soigner les malades de l’hôpital. Le 18 juin 1673, Jeanne Mance, fondatrice de l’Hôtel-Dieu, meurt. En 1695, peu après la rénovation et l’agrandissement du bâtiment, l’Hôtel-Dieu est détruite par le feu. La reconstruction a cependant été très rapide et l’hôpital redevint fonctionnel au cours de la même année.

1700-1800   

En moins de 15 ans, c’est-à-dire entre 1721 et 1734, l’Hôtel-Dieu a été la proie des flammes à deux reprises. Les reconstructions ont été longues et ardues pour les religieuses, vivant parfois dans des conditions pénibles. Après la conquête britannique et le départ du dernier chirurgien français en 1766, des médecins et des chirurgiens anglais prendront la relève. L’Hôtel-Dieu s’imposera quand même pendant près de deux siècles comme le seul hôpital francophone de Montréal et un pilier de la communauté.

1800-1900

Au cours du 19e siècle, la croissance de l’Hôtel-Dieu est très rapide, passant de 33 lits en 1822 à 100 en 1842. En 1832, une épidémie de choléra fait 2 000 morts en six semaines, emportant 6% de la population montréalaise alors estimée à 32 000 personnes. La variole, la diphtérie, la scarlatine et tant d’autres maladies font aussi leurs ravages. Les immigrants irlandais, victimes d’une épidémie de typhus à leur arrivée à Montréal en 1850, seront également soignés à l’Hôtel-Dieu.

Dès 1850, l’Hôtel-Dieu conclut une entente qui assure aux étudiants et aux médecins de l’École de médecine et de chirurgie de Montréal, fondée en 1843, l’accès exclusif à ses salles en échange de soins prodigués gratuitement aux malades hospitalisés. L’Hôtel-Dieu s’engage ainsi sur la voie de la formation médicale et de la professionnalisation de la dispensation des soins.

Devenu trop exigu, l’Hôtel-Dieu du Vieux-Montréal est transféré sur le versant nord-est du Mont-Royal. Les travaux menant au transfert ont débuté en 1861. Par la suite, les réaménagements et les avancées dans les services de soins ont été fulgurants. Les services d’oto-rhino-laryngologie et d’ophtalmologie ont d’ailleurs été introduits dès 1899.

1900-1996

En 1901, l’École des Infirmières ouvre ses portes. De 1901 à 1970, cette école affiliée à l’Hôtel-Dieu formera environ 3 000 infirmières et 24 infirmiers. Par la suite, cette formation a été confiée aux cégeps et aux universités.

En 1953, avec le parachèvement du pavillon De Bullion, l’Hôtel-Dieu possède 750 lits, son record absolu. Depuis ce moment, aucune nouvelle construction n’a été entreprise, si ce n’est des réaménagements comme la création de l’Unité des grands brûlés.

Le 1er octobre 1996, l’Hôtel-Dieu de Montréal signe le protocole d’entente qui le rattache au Centre hospitalier de l’Université de Montréal et fait de lui un des trois hôpitaux du CHUM.

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