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2005-12-22 > Pour une collaboration constructive des hôpitaux universitaires
Dans le cadre du développement des nouveaux hôpitaux universitaires, à savoir le CHUM, le CHU Sainte-Justine et le CUSM, il est proposé que ceux-ci mettent en commun sur l’un ou l’autre site, certaines superspécialités à faible volume. Cette proposition dite de complémentarité a passablement retenu l’attention des médias dernièrement; nous écrivons pour déplorer le fait qu’elle ait été présentée sous l’angle d’une opposition entre les deux universités, l’Université de Montréal et l’Université McGill alors qu’il s’agit de discuter de collaboration entre les deux institutions et leurs hôpitaux.

La mission des centres hospitaliers universitaires (CHU) est de servir la population en offrant des soins de la plus haute qualité, de former des médecins et autres professionnels et scientifiques hautement compétents et de faire progresser les connaissances par la recherche.  Il est pour ce faire nécessaire que nous puissions former, recruter et retenir les meilleurs spécialistes.  Montréal jouit à cet égard d’un réseau distribué qui le sert bien en permettant une saine émulation.  Il convient cependant de rappeler que la compétition se situe avec les autres grandes régions métropolitaines plutôt qu’entre institutions montréalaises. Voilà pourquoi l’Université de Montréal et ses hôpitaux universitaires reçoivent avec ouverture la proposition de complémentarité.  L’objectif fondamental qui nous anime est l’atteinte de niveaux d’excellence clinique qui permettra à la région de Montréal et au Québec de se maintenir parmi les leaders mondiaux en soins de santé.  Nous sommes d’avis que la complémentarité doit être explorée sous ce jour et qu’elle offre des occasions que nous devons saisir afin d’affirmer encore davantage la place de Montréal comme l’un des hauts lieux de la médecine.

L’excellence dans certaines surspécialités requiert certains volumes de patients et des infrastructures et équipements coûteux.  Il est donc approprié d’identifier ces domaines et d’envisager une mise en commun de nature à permettre à l’une et à l’autre université de se distinguer en travaillant de manière synergique.  C’est dans un tel cadre qu’elles pourront l’une et l’autre attirer, retenir et former les meilleurs cliniciens et offrir des soins du plus haut niveau.  Il ne s’agit jamais de restreindre l’offre de service à la population, d’ailleurs l’on estime que cette analyse de complémentarité n’est pertinente que pour environ 5 % des surspécialités, mais plutôt de la bonifier.

Il nous semble donc que pour ce petit nombre de surspécialités bien choisies le CHUM et le CUSM excelleront davantage en collaborant par le biais d’une mise en commun plutôt qu’en opérant de façon indépendante.  Cette mise en commun permettra de regrouper médecins, scientifiques et professionnels des deux universités en des équipes uniques, mieux dotées pour soigner et développer les connaissances dans quelques domaines ultraspécialisés. Le riche historique de collaboration entre l’Université de Montréal et l’Université McGill permettra sans doute de réussir cette optimisation et de définir ce nouveau paradigme de la médecine québécoise.

Luc Vinet, recteur, Université de Montréal
Denis R. Roy, directeur général, CHUM
Khiem Dao, directeur général, CHU Sainte-Justine

22 décembre 2005



Un projet de société au coeur de Montréal

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