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19 décembre 2007 > Première mondiale au CHUM


Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), dévoile le début d’une étude de recherche clinique de phase II randomisée et contrôlée à double insu offrant une alternative thérapeutique potentielle après un premier infarctus aigu du myocarde. Un premier patient a déjà bénéficié de cette technique qui consiste en l’implantation des cellules souches immatures de la moelle osseuse, afin de régénérer le muscle cardiaque. La procédure s’est bien déroulée et le patient se porte très bien. Cette première mondiale, menée en collaboration avec l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (Montréal, Canada) se poursuit dans la lignée d’études cliniques positives de phase I réalisées sur le sujet en Europe. Ces études préliminaires n’ont mis en évidence, à ce jour, aucune complication chez les sujets traités jusqu’à cinq ans de suivi. Ces résultats encourageants confirment de nombreuses expériences préalables effectuées sur des modèles animaux.

Le saviez-vous?
• Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans les pays occidentaux? 
• Un lit sur cinq dans nos hôpitaux est occupé par un malade cardiaque?
• L’infarctus du myocarde, cause la plus fréquente de la défaillance cardiaque, touche en ce moment plus de 250 000 patients au Québec?

« Les traitements médicamenteux et la transplantation cardiaque font partie des différentes techniques qui permettent d’améliorer la fonction cardiaque. Mais à l’heure où la pénurie d’organes demeure un problème majeur, des chercheurs du CHUM ont travaillé de concert pour la mise sur pied de ce protocole de recherche novateur », souligne le Dr Samer Mansour, cardiologue au CHUM, et investigateur principal de l’étude. L’étude en cours vise à comprendre le travail des cellules souches immatures (CD133+) extraites de la moelle osseuse provenant de la crête iliaque du patient sur la guérison du cœur après un premier infarctus du myocarde. Le protocole expérimental implique l’injection intracoronarienne des cellules CD133+ contre placebo, ajouté au traitement médical standard, le tout s’effectuant durant la même hospitalisation.

« L’étude de la thérapie cellulaire dans les cas de lésions myocardiques est relativement récente et nous avons encore beaucoup à apprendre de cet essai», ajoute le Dr Guy Leclerc, chef du Service de cardiologie du CHUM. « Des études précédentes ont démontré une amélioration significative de 7 à 10 % de la fonction cardiaque à la suite d’implantation de différents types de cellules souches de la moelle osseuse. Cependant, il s’agit ici d'évaluer ce type immature de cellules avec l’aide des technologies les plus avancées dans la préparation et l’implantation des cellules chez le patient, ainsi que des techniques d’imagerie de pointe », précise-t-il.

Les cellules de la moelle osseuse prélevées au CHUM sont transférées au Laboratoire de thérapie cellulaire de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) pour en isoler les cellules souches les plus immatures. « Le fait que les cellules souches isolées soient très jeunes (immatures) devrait améliorer leur capacité à réparer le muscle cardiaque », selon le Dr Denis-Claude Roy, directeur du Centre de recherche de l'HMR.

Cette étude clinique fait partie d’un ensemble de projets de recherche en médecine régénératrice et thérapie cellulaire qui se déroulent actuellement au CHUM et par lesquels le Dr Mansour et le Dr Nicolas Noiseux, co-investigateur de l’étude et chirurgien cardiaque, tentent de mieux caractériser les mécanismes expliquant les effets bénéfiques des cellules souches utilisées pour le traitement des maladies cardiovasculaires.


Impact souhaité de l’intervention
Pour l’heure, cette procédure s’applique aux patients victimes d’un premier infarctus étendu et à risque de complications, par exemple la défaillance cardiaque. Il n’est pas impossible que le public cible soit plus étendu une fois la technique encore mieux affinée et les protocoles de laboratoire bien mis au point. Le but de cette intervention, peu invasive et peu coûteuse si on la compare à un programme de transplantation cardiaque, est qu’elle se pratique de façon courante à moyen terme en centres hospitaliers.

L’équipe de recherche compte les investigateurs suivants : les Drs Samer Mansour, Denis-Claude Roy, hématologue (HMR), Guy Leclerc, Nicolas Noiseux et François Reeves, cardiologue (CHUM). La préparation des cellules souches est réalisée au Laboratoire de thérapie cellulaire de l'HMR sous la supervision du Dr Roy. « L'apport de l'HMR est un autre bel exemple de complémentarité et de collaboration en matière de recherche entre des établissements du RUIS de l'Université de Montréal (UdeM) », souligne pour sa part le Dr Denis R. Roy, directeur général du CHUM et président du RUIS de l'UdeM.

Ce protocole de recherche a été rendu possible grâce à la collaboration du Centre de thérapie cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, de Miltenyi Biotec, du Centre de recherche du CHUM, des départements de radiologie,de médecine nucléaire et de médecine, et du Service de cardiologie du CHUM, notamment grâce au Fonds de développement de l’hémodynamie du CHUM. Santé Canada, le Fonds de la recherche en santé du Québec et Boston Scientifique contribuent également à l'étude.

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