
Le Centre hospitalier de l’Université de
Montréal (CHUM), dévoile le début d’une
étude de recherche clinique de phase II randomisée et
contrôlée à double insu offrant une alternative
thérapeutique potentielle après un premier infarctus
aigu du myocarde. Un premier patient a déjà
bénéficié de cette technique qui consiste en
l’implantation des cellules souches immatures de la moelle
osseuse, afin de régénérer le muscle
cardiaque. La procédure s’est bien
déroulée et le patient se porte très bien.
Cette première mondiale, menée en collaboration avec
l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (Montréal, Canada) se
poursuit dans la lignée d’études cliniques
positives de phase I réalisées sur le sujet en
Europe. Ces études préliminaires n’ont mis en
évidence, à ce jour, aucune complication chez les
sujets traités jusqu’à cinq ans de suivi. Ces
résultats encourageants confirment de nombreuses
expériences préalables effectuées sur des
modèles animaux.
Le saviez-vous?
• Les maladies cardiovasculaires sont la
première cause de mortalité dans les pays
occidentaux?
• Un lit sur cinq dans nos hôpitaux est
occupé par un malade cardiaque?
• L’infarctus du myocarde, cause la plus
fréquente de la défaillance cardiaque, touche en ce
moment plus de 250 000 patients au Québec?
« Les traitements médicamenteux et la
transplantation cardiaque font partie des différentes
techniques qui permettent d’améliorer la fonction
cardiaque. Mais à l’heure où la pénurie
d’organes demeure un problème majeur, des chercheurs
du CHUM ont travaillé de concert pour la mise sur pied de ce
protocole de recherche novateur », souligne le Dr Samer
Mansour, cardiologue au CHUM, et investigateur principal de
l’étude. L’étude en cours vise à
comprendre le travail des cellules souches immatures (CD133+)
extraites de la moelle osseuse provenant de la crête iliaque
du patient sur la guérison du cœur après un
premier infarctus du myocarde. Le protocole expérimental
implique l’injection intracoronarienne des cellules CD133+
contre placebo, ajouté au traitement médical
standard, le tout s’effectuant durant la même
hospitalisation.
« L’étude de la thérapie cellulaire
dans les cas de lésions myocardiques est relativement
récente et nous avons encore beaucoup à apprendre de
cet essai», ajoute le Dr Guy Leclerc, chef du Service de
cardiologie du CHUM. « Des études
précédentes ont démontré une
amélioration significative de 7 à 10 % de la fonction
cardiaque à la suite d’implantation de
différents types de cellules souches de la moelle osseuse.
Cependant, il s’agit ici d'évaluer ce type immature de
cellules avec l’aide des technologies les plus
avancées dans la préparation et l’implantation
des cellules chez le patient, ainsi que des techniques
d’imagerie de pointe », précise-t-il.
Les cellules de la moelle osseuse prélevées au
CHUM sont transférées au Laboratoire de
thérapie cellulaire de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont
(HMR) pour en isoler les cellules souches les plus immatures.
« Le fait que les cellules souches isolées soient
très jeunes (immatures) devrait améliorer leur
capacité à réparer le muscle cardiaque
», selon le Dr Denis-Claude Roy, directeur du Centre de
recherche de l'HMR.
Cette étude clinique fait partie d’un ensemble de
projets de recherche en médecine
régénératrice et thérapie cellulaire
qui se déroulent actuellement au CHUM et par lesquels le Dr
Mansour et le Dr Nicolas Noiseux, co-investigateur de
l’étude et chirurgien cardiaque, tentent de mieux
caractériser les mécanismes expliquant les effets
bénéfiques des cellules souches utilisées pour
le traitement des maladies cardiovasculaires.
Impact souhaité de
l’intervention
Pour l’heure, cette procédure s’applique aux
patients victimes d’un premier infarctus étendu et
à risque de complications, par exemple la défaillance
cardiaque. Il n’est pas impossible que le public cible soit
plus étendu une fois la technique encore mieux
affinée et les protocoles de laboratoire bien mis au point.
Le but de cette intervention, peu invasive et peu coûteuse si
on la compare à un programme de transplantation cardiaque,
est qu’elle se pratique de façon courante à
moyen terme en centres hospitaliers.
L’équipe de recherche compte les investigateurs
suivants : les Drs Samer Mansour, Denis-Claude Roy,
hématologue (HMR), Guy Leclerc, Nicolas Noiseux et
François Reeves, cardiologue (CHUM). La préparation
des cellules souches est réalisée au Laboratoire de
thérapie cellulaire de l'HMR sous la supervision du Dr Roy.
« L'apport de l'HMR est un autre bel exemple de
complémentarité et de collaboration en matière
de recherche entre des établissements du RUIS de
l'Université de Montréal (UdeM) », souligne
pour sa part le Dr Denis R. Roy, directeur général du
CHUM et président du RUIS de l'UdeM.
Ce protocole de recherche a été rendu possible
grâce à la collaboration du Centre de thérapie
cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, de
Miltenyi Biotec, du Centre de recherche du CHUM, des
départements de radiologie,de médecine
nucléaire et de médecine, et du Service de
cardiologie du CHUM, notamment grâce au Fonds de
développement de l’hémodynamie du CHUM.
Santé Canada, le Fonds de la recherche en santé du
Québec et Boston Scientifique contribuent également
à l'étude.
ÉTUDE CLINIQUE COMPARE-AMI -
COMPARE-AMI CLINICAL STUDY
PRÉSENTATION ET
VIDÉOS - PRESENTATION AND VIDEOS