| 11 décembre 2008 > Des patients recouvrent la vue grâce à l'implantation d'une kératoprothèse Boston |

Que diriez-vous si on vous apprenait un jour que vous pourriez
recouvrer la vue après de longues années de
cécité ? C’est ce qui est arrivé
à des patients du département d’ophtalmologie
du Centre hospitalier de l’Université de
Montréal (CHUM) au cours des derniers mois. En effet, le
CHUM est heureux d’annoncer une grande première au
Canada dans le domaine de l’ophtalmologie :
l’implantation d’une kératoprothèse
Boston chez des patients aveugles ou atteints de
cécité cornéenne sévère, la
deuxième plus importante cause de cécité dans
le monde. Ces interventions se sont avérées positives
et les patients ont recouvré la vue en quelques heures
seulement.
La Dre Mona Harissi-Dagher, ophtalmologiste au CHUM et professeure
adjointe au Département d’ophtalmologie de
l’Université de Montréal, est la
première et la seule spécialiste à effectuer
ce type d’intervention au Canada. « La
kératoprothèse Boston, une prothèse oculaire
substituant la cornée, est désormais une alternative
possible pour les patients atteints de cécité
cornéenne génétique ou causée par un
traumatisme ou une maladie, et chez qui la greffe de cornée
est impossible », explique la Dre Dagher.
L’implantation de cette prothèse importée des
États-Unis est pratiquée uniquement au CHUM par cette
spécialiste du département d’ophtalmologie.
« La chirurgie dure environ une heure trente minutes à
deux heures et le temps de récupération des patients
est relativement rapide comparativement à une greffe de
cornée traditionnelle », affirme la Dre Dagher avec
enthousiasme.
Les démarches entreprises auprès de Santé
Canada ont permis l’obtention de ce type particulier de
prothèse. Les premières interventions ont
été pratiquées cet automne et
déjà, les résultats sont plus que concluants.
« Pour que la chirurgie fonctionne, la rétine et les
autres structures de l’œil doivent être
fonctionnelles », ajoute la Dre Dagher. « Une fois
toutes les conditions réunies et le greffon trouvé,
nous procédons à l’implantation de la
kératoprothèse chez le patient. »
Pour le département d’ophtalmologie du CHUM, cette
première est une excellente nouvelle. « Nous sommes
très fiers de pouvoir compter sur l’expertise de
pointe de la Dre Dagher et d’être désormais en
mesure d’offrir cette technologie à nos patients
», affirme le Dr Salim Lahoud, chef du Département
d’ophtalmologie du CHUM. « Le Département
d’ophtalmologie du CHUM compte sur une équipe de 27
spécialistes chevronnés, et demeure constamment
à la fine pointe des nouvelles pratiques et technologies
médicales. »
De plus, comme cette procédure implique que le chirurgien
doive procéder à la greffe d’une cornée
afin de fixer la kératoprothèse à
l’œil, le don d’organes demeure une
nécessité. « Comme le délai
d’attente pour une telle greffe est de trois à quatre
ans, le nombre de chirurgies est limité. Le don
d’organes prend alors tout son sens afin que nous puissions
aider le plus grand nombre de patients possible », ajoute le
Dr Lahoud.
De telles avancées ne seraient possibles sans l’appui
de généreux donateurs. Aussi, le Département
d’ophtalmologie a profité de l’occasion pour
souligner l’importante contribution de 200 000 $ de la
Fondation Caroline-Durand sur qui le CHUM peut compter depuis de
nombreuses années.
Précisions
Suite à la publication de cette nouvelle dans les
médias, le Département d'ophtalmologie du CHUM a
appris que le Centre universitaire de santé McGill (CUSM)
offrait également cette technologie d'avant-garde à
ses patients.
Le Département d'ophtalmologie du CHUM, qui n'avait pas
été mis au courant de cette pratique, se
réjouit que d'autres spécialistes au pays puissent
offrir ce service aux patients atteints de cécité
cornéenne sévère et souhaite que davantage
d'ophtalmologistes puissent procéder au même type de
chirurgie dans les prochaines années.
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