| 22 janvier 2008 > Nouvelle cible thérapeutique pour le traitement de la sclérose en plaques |
Une étude publiée dans le
numéro de février de Nature Immunology apporte des
réponses au sujet du rôle de nouvelles
molécules d’adhésion dans la
pathogénèse de la sclérose en plaques (SEP) et
suggère de nouvelles cibles thérapeutiques pour le
traitement de la SEP.
L’étude de l’équipe du Dr Alexandre Prat,
neurologue, chercheur au Centre hospitalier de
l’Université de Montréal et professeur à
la Faculté de médecine de l’Université
de Montréal, démontre que la molécule
d’adhésion nommée ALCAM (Activated Leukocyte
Cell Adhesion Molecule) ou CD166, qui est exprimée par les
cellules endothéliales du cerveau, joue un rôle majeur
dans la migration de certains types de leucocytes vers le cerveau.
Les chercheurs pensent que cette molécule constitue une
nouvelle cible pour réduire la migration de cellules
immunitaires au cerveau et ainsi réduire
l’inflammation cérébrale et diminuer les
lésions caractéristiques de la SEP. La SEP est une
maladie chronique autoimmune du système nerveux qui affecte
environ 55 000 jeunes adultes au Canada.
La compréhension des mécanismes
moléculaires de l’inflammation cérébrale
est essentielle pour le développement de nouveaux
traitements pour cette maladie dégénérative.
L’étude a été menée
également par des chercheurs de l’Université
McGill (Dr Samuel David), de l’Université de
Montréal (Dre Nathalie Arbour), du Conseil national de
recherches du Canada (Dre Danica Stanimirovic) et de
l’Université de Zürich (Dr Burkhard Becher).
Les résultats de cette étude démontrent
clairement que la molécule d’adhésion
CD166/ALCAM est impliquée dans le processus inflammatoire en
favorisant la migration de leucocytes à travers la
barrière hémato-encéphalique (BHE) du cerveau.
Ce projet de recherche combine des résultats in
vitro en utilisant un modèle de la BHE humaine et des
résultats in vivo dans un modèle murin
d’encéphalite auto-immune expérimentale. En
temps normal, un nombre limité de cellules immunitaires
traversent la BHE et pénètrent dans le système
nerveux central. Dans la SEP et d’autres maladies
neuro-inflammatoires, la fragilisation de la BHE est
associée à l’augmentation de la migration de
certaines de ces cellules immunitaires qui pénètrent
dans le système nerveux central et causent les
lésions inflammatoires démyélinisées de
la SEP. Dans une étude précédente de
l’équipe du Dr Prat publiée en octobre dans
Nature Medicine , il a été
démontré qu’un certain type de leucocytes, les
lymphocytes TH17 qui produisent deux facteurs critiques, les
interleukines 17 et 22 (IL-17 et IL-22), jouent un rôle dans
la fragilisation de la barrière hémato
encéphalique et dans l’inflammation du système
nerveux central.
« Bloquer la migration des cellules immunitaires à
travers la BHE est considérée depuis longtemps comme
une approche thérapeutique prometteuse pour les maladies
auto-immunes du système nerveux central », souligne le
Dr Prat. « Cette étude nous a permis de
développer de nouvelles connaissances et de décrire
de nouveaux facteurs de la pathogénèse des
réactions immunitaires envers le système nerveux
central et ainsi d’identifier des cibles potentielles pour
réduire l’inflammation cérébrale
», ajoute-t-il.
La sclérose en plaques
Dans la SEP, les cellules du système immunitaire
pénètrent dans le cerveau à travers la BHE et
attaquent la myéline, une couche protectrice qui entoure les
cellules du système nerveux central. La destruction de la
myéline provoque la perte de la sensation, la paralysie et
des handicaps. On pense que des facteurs génétiques,
infectieux et environnementaux déclencheraient la SEP, mais
la cause exacte de la maladie est encore inconnue. Sa
prévalence est deux fois plus grande chez les femmes.
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