Le 14 novembre prochain aura lieu la Journée
mondiale du diabète, une occasion que le CHUM veut saisir
pour sensibiliser la population à cette maladie.
Qu’est-ce que le diabète?
Le diabète est une maladie qui fait en sorte que le
corps ne produit pas assez ou n’utilise pas
adéquatement l’insuline, une hormone produite par le
pancréas. L'insuline permet aux cellules d'utiliser le
glucose, dans le but de le transformer en énergie. Dans le
diabète, comme le corps ne réussit pas à
l’absorber convenablement, on observe une accumulation du
glucose dans le sang, ce qui peut entraîner des complications
multiples. Ces complications surviennent dans les yeux,
les reins, les nerfs, le cœur et les vaisseaux sanguins.
Cette maladie affecte environ 5 % de la population canadienne, soit
plus de 1,6 million d’individus.
Les deux principaux types de diabète sont les suivants
:
Diabète de type 1
Les individus atteints de ce type de diabète ne
peuvent tout simplement plus produire d’insuline : ils
doivent s’injecter régulièrement des doses
d’insuline afin de pouvoir fonctionner normalement. Le
diabète de type I survient à la suite d’une
destruction auto-immune des cellules du pancréas qui
produisent l’insuline. Les causes exactes qui
déclenchent et maintiennent cette destruction font
l’objet de nombreuses recherches. Tout ce qu’il nous
est possible d’affirmer pour le moment est que des facteurs
génétiques et environnementaux jouent un rôle
certain dans ce processus. Au Québec, on estime
qu’environ 10 % de la population diabétique est
atteinte du diabète de type 1.
Diabète de type 2
Beaucoup plus fréquent, le diabète de type 2
représente environ 90 % des cas diagnostiqués au
Québec. Ce type de diabète résulte d’une
résistance à l’insuline, une condition dans
laquelle les cellules ne parviennent pas à utiliser cette
hormone correctement. Au début, le pancréas est
capable de vaincre cette résistance à
l’insuline en en produisant plus. Lorsque les
mécanismes de compensation deviennent insuffisants, le taux
de glucose dans le sang commence à augmenter. Avant que
cette maladie soit totalement développée, beaucoup de
gens passent de nombreuses années dans un état
appelé « pré-diabète » : ce stade
du diabète s’identifie par une présence de
glucose dans le sang plus élevée que la normale, sans
pour autant être assez élevée pour qu’un
diagnostic de diabète de type 2 soit posé.
Les facteurs de risque qui contribuent au
développement de diabète de type 2 incluent:
• L’embonpoint
• L’âge avancé
• La sédentarité
• Une tension artérielle élevée
et/ou un taux de cholestérol élevé
• Des antécédents familiaux de
diabète
• Des antécédents de diabète
gestationnel
• Appartenir à certaines populations ethniques
à haut risque (par exemple autochtone, africaine,
hispanique, asiatique)
• etc.
Comment fait-on le diagnostic?
Il est extrêmement important que le diagnostic du
diabète se fasse de façon précoce : plus le
diabète est diagnostiqué tôt, plus vite la
personne qui en est atteinte pourra prendre des mesures
adéquates pour bien le gérer et prévenir ou
retarder les complications éventuelles.
Voici les symptômes les plus courants du diabète
:
• Bouche sèche / soif
intense
• Urines fréquentes et plus abondantes
• Perte de poids involontaire
• Fatigue extrême ou manque d'énergie
• Vision embrouillée
• Infections récurrentes (vaginite, balanite,
infection urinaire, etc.)
• Plaies qui guérissent mal
• Fourmillements ou engourdissements dans les mains ou
les pieds
• etc.
Si vous affichez un ou plusieurs de ces symptômes, il vous
est recommandé de consulter un professionnel de la
santé. Dans certains cas, une personne peut être
diabétique, sans pour autant afficher tous les
symptômes listés ci-haut. C’est pourquoi il est
important de voir son médecin et de faire
régulièrement un bilan de santé pour
prévenir ou contrôler le diabète.
Comment le prévenir?
Pour le moment, aucun moyen connu ne permet de
prévenir le diabète de type 1. Heureusement, en ce
qui concerne le diabète de type 2, la situation est
différente : c’est en posant des actions simples et
concrètes et en changeant son mode de vie que l’on
réussit à empêcher l’apparition et
à diminuer l’incidence de cette maladie.
• Soyez actif. Il est
recommandé de faire au moins 30 minutes d'activité
physique d’intensité moyenne trois jours non
consécutifs par semaine et de ne pas rester inactif plus de
deux jours de suite.
• Mangez sainement. Le guide «
Bien manger avec le Guide alimentaire canadien » constitue
une excellente référence sur laquelle vous baser pour
combler vos besoins nutritionnels. On y suggère de savourer
une variété d’aliments provenant des quatre
groupes alimentaires. Il est préférable de choisir
des aliments à grains entiers, des fruits et légumes
frais, des viandes maigres, du poisson ou des substituts de la
viande comme les légumineuses ou le tofu.
• Contrôlez votre poids. Si vous
avez un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à
25, vous êtes considéré à risque de
développer de nombreux problèmes de santé, y
compris le diabète de type 2. Une légère perte
de poids peut aider grandement à prévenir le
diabète. Mangez bien et soyez actif pour mettre toutes les
chances de votre côté.
• Apprenez à gérer le
stress. Mieux gérer le stress, en ayant recours à des
stratégies d'adaptation efficaces, telles la gestion des
émotions (anxiété, dépression) et la
résolution de problèmes, peut retarder le
déclenchement du diabète. Une gestion optimale
du stress facilite également l'adoption de saines habitudes
de vie. De plus, chez les personnes diabétiques, la
gestion du stress physique (ex.: rhume, maladie grave) et
psychologique (ex.: deuil, séparation) contribue à un
meilleur contrôle de la glycémie.
Le CHUM et le diabète
Le CHUM offre le service de 25 endocrinologues et compte
parmi ses médecins plusieurs éminents chercheurs en
matière de diabète. Notons principalement les efforts
de recherche du Dr Pavel Hamet, chef du service de médecine
génique du Centre de recherche du CHUM (CRCHUM). À
l’occasion du congrès de la Fédération
internationale du diabète, qui s’est tenu en octobre
dernier, le Dr Hamet a présenté les résultats
de l’étude ADVANCE, menée par lui et son
équipe. Cette étude majeure démontre
qu’une approche combinant une réduction de la tension
artérielle et un contrôle intensif de la
glycémie entraînent une réduction significative
des risques de décès chez les personnes atteintes de
diabète de type 2, des avancées importantes dans le
domaine de la recherche sur le diabète.
De plus, le Dr Vincent Poitoux, directeur
adjoint scientifique, recherche fondamentale CRCHUM, s’est
récemment mérité le prix du Canadian Diabetes
Association, Great-West Life, London Life, and Canada Life Young
Scientist Award pour ses travaux de recherche portant sur la
compréhension des mécanismes de l’apparition du
diabète de type 2.
Dr Jean-Louis Chiasson, endocrinologue,
professeur titulaire et co-directeur de l’axe de recherche
cardiométabolique du CRCHUM a contribué à
plusieurs études d’envergure internationale.
Parmi ceux-ci citons BARI2D, étude présentée
à la réunion annuelle de l’Association
américaine du diabète, qui portait sur les
traitements des maladies cardiovasculaires chez les patients
diabétiques. Avec l’étude canadienne
STOP-NIDDM, il a également démontré que
l’utilisation d’un médicament retardant
l’absorption des glucides réduisait de 25 % la
conversion d’intolérance au glucose au
diabète.
Ces achèvements témoignent non
seulement de l’excellence des travaux des équipes de
recherche du CRCHUM, mais également de l’engagement
qu’ont celles-ci de combattre le diabète plus
efficacement, jour après jour.
Les centres de jour du diabète du CHUM
Parmi les services offerts au CHUM, on compte sur les
trois hôpitaux des centres de diabète ainsi que des
cliniques d’éducation et de traitement du
diabète. Ces centres offrent des programmes
d’enseignement individuels, de deux jours et de quatre jours,
sans frais d'inscription. De plus, certaines journées
spéciales sont dédiées à des
clientèles spécifiques comme les aveugles et
amblyopes, la clientèle de fibrose kystique et les femmes
enceintes. Selon les programmes offerts, vous avez la
possibilité de rencontrer un psychologue, une
infirmière, une diététiste et un
médecin endocrinologue. De plus, à
l’Hôtel-Dieu, le livre « Connaître son
diabète...pour mieux vivre » ainsi que le «
Carnet d'autocontrôle de la glycémie du CHUM »
sont distribués aux personnes qui assistent au
programme d'enseignement.
Pour joindre les centres (du lundi au vendredi de 8 h à
16 h) :
Hôtel-Dieu
Tél : 514 890-8000 poste 14658
Hôpital Notre-Dame
Tél : 514 890-8000 poste 26947
Hôpital Saint-Luc
Tél : 514 890-8000 poste 35694