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Les enfants nés de mères ayant le diabète
courent un risque très élevé de
développer diverses maladies à l’âge
adulte, telles que le syndrome métabolique,
l’hypertension et les maladies rénales
chroniques. Appelé « programmation périnatale
», ce phénomène se manifeste pendant le
développement fœtal. Malheureusement, les
mécanismes en cause demeurent mal compris, ce qui
empêche tout effort à atténuer ou à
prévenir les conséquences dévastatrices du
diabète maternel.
Afin d’identifier ces mécanismes mais aussi de
prévenir le développement des problèmes de
santé, l’équipe de Shaoling Zhang a
étudié la néphrogenèse , ou le
développement rénal, chez la progéniture des
souris de laboratoire. « Nos études antérieures
ont démontré que l’environnement utérin
ayant des niveaux de glucose trop élevés, que
l’on retrouve chez les mères diabétiques, a un
impact négatif sur le développement rénal en
raison d’une capacité réduite de
contrôler la présence des substances toxiques telles
que le peroxyde d’oxygène » explique la
chercheure. Dans la présente recherche, elle
s’est intéressée au rôle et
à la production d’un enzyme appelé la catalase,
normalement secrété par le rein afin de
neutraliser des molécules toxiques comme le peroxyde
d’hydrogène.
Le peroxyde d’hydrogène est un sous-produit des
processus métaboliques essentiels du corps. Laissé
à lui-même, il peut s’accumuler et exercer du
stress oxydatif, une condition toxique qui peut endommager et
même tuer les cellules avec lesquelles il entre en contact.
Dans des conditions normales, notre corps réagit à sa
présence en produisant des enzymes, comme la catalase,
qui le transforme en eau et en oxygène,
éliminant ainsi la menace toxique.
Or, dans le cas du diabète maternel, les cellules du
fœtus n’ont essentiellement aucune protection contre
les effets toxiques du peroxyde d’hydrogène. En
conséquence, des organes clés comme les reins ne se
développent pas normalement, ce qui peut mener à des
maladies rénales chroniques à l’âge
adulte.
L’équipe de chercheurs a observé que la
présence du peroxyde d’hydrogène
n’enclenchait pas une sécrétion adéquate
de la catalase dans les reins dans les fœtus des mères
souris diabétiques. Devant ce constat, ils ont
modifié leurs souris de laboratoire afin qu’elles
surexpriment cet enzyme. Le résultat fut très
bénéfique pour les fœtus. Les souriceaux
n’ont manifesté aucune conséquence
négative associée au diabète maternel. De
même qu’à l’âge adulte, leurs reins
se sont développés de façon normale et ne
démontraient aucun signe de maladie.
« Ces résultats sont très prometteurs, souligne
Shaoling Zhang. Nous avons démontré qu’il est
possible d’intervenir afin de compenser pour les
déficiences induites par le diabète. »
L’équipe de chercheurs poursuivra cette approche
avec d’autres organes comme le cœur et le
pancréas. « Notre objectif immédiat est de
comprendre les mécanismes de la programmation
périnatale. Et notre but ultime est de fournir des
avenues prometteuses pour le développement des approches
visant à atténuer ces conséquences
néfastes pour les êtres humains » conclut la
chercheure.
Les recherches de Shaoling Zhang sont financées par la
Fondation canadienne du rein, les Instituts de recherche en
santé du Canada, le Fonds de recherche du Québec -
Santé, la Fondation canadienne pour l'innovation, la
Fondation des maladies du coeur du Canada et la
Société américaine de
Néphrologie.
Renseignements
Richard Ashby
Directeur adjoint, information et développement
Centre de recherche du CHUM
514 890-8000, poste 14090
richard.ashby.chum@ssss.gouv.qc.ca
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