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COMMUNIQUÉ


LE DIABÈTE MATERNEL :
 UN NOUVEL ÉCLAIRAGE SUR LA PROGRAMMATION PÉRINATALE DES MALADIES CARDIOVASCULAIRES ET DU REIN

   
 

Shaoling Zhang

 

29  juin  2012

Dans une étude publiée dans la version en ligne de la revue Diabetes le 25 juin dernier, une équipe de chercheurs du CRCHUM dirigée par la professeure Shaoling Zhang a fait une avancée importante dans la compréhension des mécanismes menant à des problèmes graves de santé affectant des enfants nés de mères diabétiques. Par le fait même, ils ont identifié une piste prometteuse afin de les prévenir.

 

Les enfants nés de mères ayant le diabète courent un risque très élevé de développer diverses maladies à l’âge adulte, telles que le syndrome métabolique, l’hypertension et les maladies  rénales chroniques. Appelé « programmation périnatale », ce phénomène se manifeste pendant le développement fœtal. Malheureusement, les mécanismes en cause demeurent mal compris, ce qui empêche tout effort à atténuer ou à prévenir les conséquences dévastatrices du diabète maternel.

Afin d’identifier ces mécanismes mais aussi de prévenir le développement des problèmes de santé, l’équipe de Shaoling Zhang a étudié la néphrogenèse , ou le développement rénal, chez la progéniture des souris de laboratoire. « Nos études antérieures ont démontré que l’environnement utérin ayant des niveaux de glucose trop élevés, que l’on retrouve chez les mères diabétiques, a un impact négatif sur le développement rénal en raison d’une capacité réduite de contrôler la présence des substances toxiques telles que le peroxyde d’oxygène » explique la chercheure.  Dans la présente recherche, elle s’est intéressée au rôle et  à la production d’un enzyme appelé la catalase, normalement secrété  par le rein afin de neutraliser des molécules toxiques comme le peroxyde d’hydrogène.

Le peroxyde d’hydrogène est un sous-produit des processus métaboliques essentiels du corps. Laissé à lui-même, il peut s’accumuler et exercer du stress oxydatif, une condition toxique qui peut endommager et même tuer les cellules avec lesquelles il entre en contact. Dans des conditions normales, notre corps réagit à sa présence  en produisant des enzymes, comme la catalase, qui  le transforme en eau et en oxygène, éliminant ainsi la menace toxique.

Or, dans le cas du diabète maternel, les cellules du fœtus n’ont essentiellement aucune protection contre les effets toxiques du peroxyde d’hydrogène. En conséquence, des organes clés comme les reins ne se développent pas normalement, ce qui peut mener à des maladies rénales chroniques à l’âge adulte.

L’équipe de chercheurs a observé que la présence du peroxyde d’hydrogène n’enclenchait pas une sécrétion adéquate de la catalase dans les reins dans les fœtus des mères souris diabétiques. Devant ce constat, ils ont modifié leurs souris de laboratoire afin qu’elles surexpriment cet enzyme. Le résultat fut très bénéfique pour les fœtus. Les souriceaux n’ont manifesté aucune conséquence négative associée au diabète maternel. De même qu’à l’âge adulte, leurs reins se sont développés de façon normale et ne démontraient aucun signe de maladie.

« Ces résultats sont très prometteurs, souligne Shaoling Zhang. Nous avons démontré qu’il est possible d’intervenir afin de compenser pour les déficiences induites par le diabète. » L’équipe de chercheurs  poursuivra cette approche avec d’autres organes comme le cœur et le pancréas. « Notre objectif immédiat est de comprendre les mécanismes de la programmation périnatale. Et notre but ultime est de fournir des avenues prometteuses pour le développement des approches visant à atténuer ces conséquences néfastes pour les êtres humains » conclut la chercheure.



Les recherches de Shaoling Zhang sont financées par la Fondation canadienne du rein, les Instituts de recherche en santé du Canada, le Fonds de recherche du Québec - Santé, la Fondation canadienne pour l'innovation, la Fondation des maladies du coeur du Canada et la Société américaine de
Néphrologie.

Renseignements

Richard Ashby
Directeur adjoint, information et développement
Centre de recherche du CHUM
514 890-8000, poste 14090
richard.ashby.chum@ssss.gouv.qc.ca

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

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