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Financé par les Instituts de recherche en santé du
Canada (IRSC), Yan Kestens dirige actuellement plusieurs projets de
recherche novateurs pour mieux comprendre les liens entre nos
environnements géographiques de vie et notre santé.
Pour ce faire, l’équipe du chercheur développe
des nouvelles méthodes pour tenir compte de la
mobilité quotidienne et ainsi améliorer
l’éva-luation de l’exposition environnementale
vécue au quotidien.
PAYSAGES ALIIMENTAIRES, DÉPLACEMENTS ET RISQUES À LA
SANTÉ
Une des applications à ces travaux permettra de mieux
comprendre comment nos environnements et nos espaces
d’activité influencent nos choix alimentaires, ou
encore l’usage des transports actifs, tels que le
vélo, la marche ou le Bixi, le nouveau système de
vélos en libre-service à Montréal. Ces travaux
indiquent que les caractéristiques des quartiers que les
gens fréquentent sont significativement associées
à certains enjeux de santé comme
l’obésité dans notre
société.
« Nous savons déjà que certains types
d’amé-nagements urbains favorisent
l’obésité et que d’autres peuvent la
prévenir », confie le chercheur. Par exemple,
l’étalement urbain entraîne une augmentation du
temps passé dans la voiture et, entraîne du même
coup une diminution du transport actif (ex. : la marche, le
vélo, etc.). Or, le transport actif contribue à
maintenir un certain niveau d’activité
physique.
Des villes étalées et plus dépendantes de
l’automobile contribuent donc directement au problème
de surpoids et d’obésité. «
Cependant,dans les modèles épidémiologiques
actuels, l’évaluation de l’exposition
environnementale est généralement limitée au
quartier résidentiel. Or, les gens sont de plus en plus
mobiles et vivent dans des environnements variés »
poursuit-il.
Les travaux du chercheur visent ainsi à mieux
intégrer la mobilité quotidienne et les multiples
expositions environnementales associées pour mieux
décortiquer l’influence de nos environnements urbains
sur la santé des populations. Ces méthodes, qui
s’inspirent notamment de travaux dans les domaines de la
géographie, des transports et de
l’épidémiologie, permettront de
développer des méthodes d’évaluation des
risques en fonction des lieux que les gens fréquentent.
« Ceci nous donnera un portrait plus précis des
risques pour la santé selon l’âge, le sexe, le
quartier de résidence et le patron spatial des
individus.», note le chercheur.
RECONCEVOIR L'AMÉNAGEMENT URBAIN
Ce type de travaux devrait fournir des données probantes
pour orienter les politiques d’aménagement et de
santé publique, lesquelles auront certainement des
échos auprès du gouvernement et des
municipalités du Québec. « Ces travaux nous
indiquent que les politiques d’intervention sur les
environnements doivent sans doute être plus globales et que
des approches trop ciblées risquent de rater
l’objectif », précise Yan Kestens.
Par exemple, l’influence de la malbouffe ne se limite pas au
quartier de résidence. En effet, si au bureau, on est
exposé davantage à des restaurants de type malbouffe,
il y a une plus grande probabilité que l’on consomme
des repas riches en gras ou en sucre, plutôt que de
s’approvisionner dans une fruiterie ou un marché
public.
Le fait que la ville puisse favoriser la santé est
dépendant des choix d’aménagements : « Il
faut guider les initiatives pour l’aménagement
d’environnements qui favoriseront par exemple les
déplacements actifs. Les bénéfices à
des aménagements adéquats sont multiples, à la
fois en terme de santé, d’empreinte
environnementale,de qualité de vie et même de valeur
foncière ».
CARTOGRAPHIE EN SANTÉ EN TEMPS RÉEL
Avec trois financements récemment reçus des IRSC, Yan
Kestens met en branle différentes études visant
à analyser les liens entre les lieux
fréquentés et la santé. Ces projets incluent
le développement d’un outil de collecte de
données sur les lieux d’activités, en
collaboration avec Basile Chaix, un chercheur français de
l’INSERM, qui dirige la cohorte RECORD visant à
étudier les liens entre environnements et santé
cardiovasculaire en région parisienne.
D’autres travaux visent à élaborer des
mo-dèles de mobilité et d’exposition aux
paysages alimentaires, en lien avec les données
d’ali-mentation et d’indice de masse corporelle de
l’Enquête sur la santé des collectivités
canadiennes. Il développe également une
infrastructure intégrant des dispositifs de mesures de
localisation (GPS) et de mesure physiologique comme des
cardiofréquencemètres, afin d’obtenir des
données en temps réel sur la santé et les
environnements vécus. « Ceci nous permettra de mieux
documenter ce qu’une personne peut vivre dans son
expérience quotidienne tout en permettant d’expliquer
comment ce vécu peut influer sur sa santé »,
note Yan Kestens.
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