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Une équipe du CRCHUM parraine deux recherches cliniques
visant à utiliser les propres cellules souches des patients
pour aider le muscle cardiaque à récupérer sa
capacité à
pomper efficacement le sang dans tout le corps. Le milieu
scientifique international suit avec intérêt ce
programme clinique de thérapie cellulaire susceptible de
révolutionner le monde de la cardiologie.
MISER SUR L'AUTOGUÉRISON
Le Dr Nicolas Noiseux, chirurgien cardiaque, et le Dr Samer
Mansour, cardiologue, misent sur la fabuleuse capacité des
cellules souches à se métamorphoser en autant de
cellules pa
rticulières dont notre organisme a besoin pour se
réparer. Après un infarctus, la moelle osseuse des
patients se mobilise spontanément d’urgence pour
produire et libérer des c
ellules souches pour remplacer une partie des cellules cardiaques
détruites. Mais cela ne suffit pas à restaurer
intégralement les dommages causés.
Le projet de recherche en cours consiste à stimuler ce
processus spontané d’autoguérison en injectant
des millions de cellules souches dans les tissus cardiaques des
patients victimes d’accidents ou de maladies cardiaques.
Cette approche inédite – une première en
Amérique du Nord – intéresse au plus haut point
les chercheurs dont ceux de l’Hôpital
général de Toronto qui se sont joints à ce
projet de recherche novateur.
INTERVENIR APRÈS UN PREMIER INFRACTUS
Les patients aptes à participer à la première
recherche débutée en 2007 doivent répondre
à des critères cliniques très précis.
Ils doivent avoir subi un premier infarctus et
avoir une seule artère obstruée. Ils doivent avoir
subi avec succès le traitement d’urgence consistant
à installer une endoprothèse dans
l’artère atteinte. Ils doivent aussi faire partie du
tiers de ces patients qui ne retrouveront pas la pleine
capacité de leur muscle cardiaque, malgré le
succès technique de l’intervention percutanée.
Les
patients sélectionnés devront ensuite consentir au
prélèvement de leurs propres cellules souches dans un
intervalle de trois à sept jours après
l’infarctus. Après une sélection
des cellules souches performantes au laboratoire de thérapie
cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, ces
cellules seront injectées dans l’artère malade
quelques heures
plus tard.
Actuellement, 21 patients participent à cette recherche qui
peut encore accueillir 19 autres candidats. « Le CHUM offre
la possibilité à des patients de l’ensemble de
la grande région de Montréal et des régions
périphériques de participer à cette
étude randomisée qui leur offre une chance sur deux
de recevoir des cellules souches en plus des traitements
chirurgicaux de pointe : c’est une belle occasion
d’offrir à ces patients de bénéficier de
traitements alternatifs prometteurs » témoigne le Dr
Noiseux.
INTERVENIR SUR DES CŒURS TRÈS MALADES
Présentement, une deuxième recherche clinique
démarre et elle vise les patients en attente d’une
chirurgie de pontages coronariens. Encore ici, les critères
de sélection sont
rigoureux : les patients doivent présenter deux ou trois
artères malades et un ancien infarctus datant de plus de
deux semaines. À l’échographie, la paresse du
muscle cardiaque
doit être évidente. Dans ce cas, il est sûr que
le patient ne pourra récupérer complètement
même si le pontage est réussi. Leurs propres cellules
souches seront directement
injectées dans le muscle cardiaque en même temps que
sera fait le pontage. Pour cette recherche, 20 patients seront
recrutés au Québec et autant en Ontario. « Voir
la même e
xpérience clinique réalisée dans deux grands
centres de recherche cardiovasculaire simultanément est
certes garant de la fiabilité des résultats à
venir » confirme le Dr M
ansour.
Si l’injection in situ de cellules souches parvenait
à restaurer définitivement le fonctionnement normal
du coeur après les chirurgies d’urgence, ce traitement
relativement simple et peu coûteux pourrait
s’avérer des plus profitables pour les patients et
pour toute la société. Actuellement, pour aider le
coeur à mieux fonctionner après les chirurgies, les
patients ont recours à un vaste cocktail de
médicaments qui ont toutefois des limites. Le recours au
défibrillateur peut s’imposer aussi quand le coeur ne
suffit plus à la tâche. Et quand rien ne va plus, le
dernier recours est la transplantation cardiaque, une solution pour
le moins incertaine. Au Québec,
on retrouve des milliers d’insuffisants cardiaques alors
qu’il se fait seulement une trentaine de greffes par
année. Compte tenu de ces enjeux majeurs, le recours aux
solutions
s’inspirant des mécanismes biologiques de
réparation spontanée de notre organisme est donc
porteur de beaucoup d’espoir.
GROUPE DE RECHERCHE EN THÉRAPIE
CELLULAIRE
Au CRCHUM, les deux médecins chercheurs peuvent compter sur
une équipe multidisciplinaire composée de plusieurs
chercheurs oeuvrant en périphérie de la cardiologie.
Ils ont
tissé un excellent réseau de collaboration avec de
nombreux spécialistes du CHUM, le Centre de recherche de
l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et de
l’Hôpital général de Toronto.
Ils participent ainsi directement à l’importante
plateforme de recherche et d’enseignement du CRCHUM ainsi
qu’au centre cardiovasculaire majeur de
l’Hôtel-Dieu. Avec tous ces
ingrédients-clés, la mise sur pied d’un futur
groupe de recherche en thérapie cellulaire pour le
traitement des maladies cardiovasculaires du CRCHUM ne saurait
tarder.
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