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Volume 1 - numéro 4, novembre 2009

 
Archives À propos de Recherche CRCHUM
 
  Dr Nicolas Noiseux et
Dr Samer Mansour
 


Réparer les coeurs brisés

Parfois le temps suffit pour réparés les coeurs brisés par peine d’amour. Mais lorsque qu’il s’agit d’un coeur malade, on doit se tourner vers la chirurgie. Rien n’assure toutefois que le coeur affecté se rétablisse complètement car une partie des cellules cardiaques privées d’oxygène meurent lors de l’accident cardiovasculaire.

Une équipe du CRCHUM parraine deux recherches cliniques visant à utiliser les propres cellules souches des patients pour aider le muscle cardiaque à récupérer sa capacité à pomper efficacement le sang dans tout le corps. Le milieu scientifique international suit avec intérêt ce programme clinique de thérapie cellulaire susceptible de révolutionner le monde de la cardiologie.

MISER SUR L'AUTOGUÉRISON

Le Dr Nicolas Noiseux, chirurgien cardiaque, et le Dr Samer Mansour, cardiologue, misent sur la fabuleuse capacité des cellules souches à se métamorphoser en autant de cellules pa
rticulières dont notre organisme a besoin pour se réparer. Après un infarctus, la moelle osseuse des patients se mobilise spontanément d’urgence pour produire et libérer des c ellules souches pour remplacer une partie des cellules cardiaques détruites. Mais cela ne suffit pas à restaurer intégralement les dommages causés.

Le projet de recherche en cours consiste à stimuler ce processus spontané d’autoguérison en injectant des millions de cellules souches dans les tissus cardiaques des patients victimes d’accidents ou de maladies cardiaques. Cette approche inédite – une première en Amérique du Nord – intéresse au plus haut point les chercheurs dont ceux de l’Hôpital général de Toronto qui se sont joints à ce projet de recherche novateur.

INTERVENIR APRÈS UN PREMIER INFRACTUS

Les patients aptes à participer à la première recherche débutée en 2007 doivent répondre à des critères cliniques très précis. Ils doivent avoir subi un premier infarctus et avoir une seule artère obstruée. Ils doivent avoir subi avec succès le traitement d’urgence consistant à installer une endoprothèse dans l’artère atteinte. Ils doivent aussi faire partie du tiers de ces patients qui ne retrouveront pas la pleine capacité de leur muscle cardiaque, malgré le succès technique de l’intervention percutanée. Les patients sélectionnés devront ensuite consentir au prélèvement de leurs propres cellules souches dans un intervalle de trois à sept jours après l’infarctus. Après une sélection des cellules souches performantes au laboratoire de thérapie cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, ces cellules seront injectées dans l’artère malade quelques heures plus tard.

Actuellement, 21 patients participent à cette recherche qui peut encore accueillir 19 autres candidats. « Le CHUM offre la possibilité à des patients de l’ensemble de la grande région de Montréal et des régions périphériques de participer à cette étude randomisée qui leur offre une chance sur deux de recevoir des cellules souches en plus des traitements chirurgicaux de pointe : c’est une belle occasion d’offrir à ces patients de bénéficier de traitements alternatifs prometteurs » témoigne le Dr Noiseux.

INTERVENIR SUR DES CŒURS TRÈS MALADES

Présentement, une deuxième recherche clinique démarre et elle vise les patients en attente d’une chirurgie de pontages coronariens. Encore ici, les critères de sélection sont  rigoureux : les patients doivent présenter deux ou trois artères malades et un ancien infarctus datant de plus de deux semaines. À l’échographie, la paresse du muscle cardiaque doit être évidente. Dans ce cas, il est sûr que le patient ne pourra récupérer complètement même si le pontage est réussi. Leurs propres cellules souches seront directement  injectées dans le muscle cardiaque en même temps que sera fait le pontage. Pour cette recherche, 20 patients seront recrutés au Québec et autant en Ontario. « Voir la même e xpérience clinique réalisée dans deux grands centres de recherche cardiovasculaire simultanément est certes garant de la fiabilité des résultats à venir » confirme le Dr M ansour.

Si l’injection in situ de cellules souches parvenait à restaurer définitivement le fonctionnement normal du coeur après les chirurgies d’urgence, ce traitement relativement simple et peu coûteux pourrait s’avérer des plus profitables pour les patients et pour toute la société. Actuellement, pour aider le coeur à mieux fonctionner après les chirurgies, les patients ont recours à un vaste cocktail de médicaments qui ont toutefois des limites. Le recours au défibrillateur peut s’imposer aussi quand le coeur ne suffit plus à la tâche. Et quand rien ne va plus, le dernier recours est la transplantation cardiaque, une solution pour le moins incertaine. Au Québec,
on retrouve des milliers d’insuffisants cardiaques alors qu’il se fait seulement une trentaine de greffes par année. Compte tenu de ces enjeux majeurs, le recours aux solutions s’inspirant des mécanismes biologiques de réparation spontanée de notre organisme est donc porteur de beaucoup d’espoir.

GROUPE DE RECHERCHE EN THÉRAPIE CELLULAIRE

Au CRCHUM, les deux médecins chercheurs peuvent compter sur une équipe multidisciplinaire composée de plusieurs chercheurs oeuvrant en périphérie de la cardiologie. Ils ont tissé un excellent réseau de collaboration avec de nombreux spécialistes du CHUM, le Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et de l’Hôpital général de Toronto. Ils participent ainsi directement à l’importante plateforme de recherche et d’enseignement du CRCHUM ainsi qu’au centre cardiovasculaire majeur de l’Hôtel-Dieu. Avec tous ces ingrédients-clés, la mise sur pied d’un futur groupe de recherche en thérapie cellulaire pour le traitement des maladies cardiovasculaires du CRCHUM ne saurait tarder.

 

  

 

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