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Volume 1 - numéro 4, novembre 2009

 
Archives À propos de Recherche CRCHUM
 
 

Vincent Poitout

 

Par Marie-Josée Richard

Mieux comprendre le diabète : sur les traces des cellules bêta

Peu de gens connaissent l’existence des cellules bêta; le Dr Vincent Poitout du CRCHUM en est pourtant un éminent spécialiste. Ces cellules détiennent peut-être la clé pour  prévenir et traiter de manière innovatrice le diabète de type 2, ce diabète qui concerne 90 % des diabétiques et selon l’OMS touchait pas moins de 171 millions de personnes en 2000. D’ici 2030, l’OMS estime que ce  ombre pourrait même augmenter à 366 millions ! Importantes les recherches fondamentales du chercheur ? Disons vitales ! 

DISTINGUER LE DIABÈTE DE TYPE 1 ET CELUI DE TYPE 2

Le diabète de type 1 touche surtout les enfants et les jeunes adultes et est caractérisé par une carence en insuline; cette hormone est essentielle pour que les cellules du
corps puissent utiliser le sucre présent dans le sang. Le diabète de type 2, jusqu’à récemment, apparaissait avec l’âge mais touche de plus en plus les jeunes en raison de l’augmentation de l’obésité chez les enfantset les adolescents. Cette forme de diabète a une composante génétique plus marquée que le diabète type 1 et est favorisée par une mauvaise hygiène de vie (nourriture riche en gras et en glucides, sédentarité, etc.). Le diabète de type 2 peut parfois être maîtrisé en adoptant un mode de vie plus sain, mais la prise quotidienne de médicamentsest souvent requise.

« Au cours des dix dernières années, peu de traitements novateurs ont été développés contre le diabète de type 2. L’arsenal thérapeutique n’est pas assez efficace; voici pourquoi il faut mettre au point des médicaments plus actifs et moins dangereux » indique le Dr Poitout, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le diabète et la fonction de la cellule bêta-pancréatique. Et les recherches du scientifique y participent activement. L’Association canadienne du diabète vient justement de lui décerner le prix du jeune scientifique Great-West Live, London Life et Canada Life.

VERS DES TRAITEMENTS PLUS PERFORMANTS

Un des axes de travail du chercheur : mieux comprendre les mécanismes de régulation de la sécrétion d’insuline. Il s’intéresse entre autres choses au récepteur d’acides gras  GPR40; il est celui qui enverra le signal aux cellules bêta, chargées de produire de l’insuline. Une cible pertinente ? À n’en point douter. C’est que 30 % des médicaments  actuels sont orientés vers les récepteurs de protéines de cette famille.

« Ce récepteur a une propriété qui le rend très attrayant comme cible thérapeutique potentielle : lorsqu’il reconnaît les acides gras dans le sang, il envoie un message aux cellules bêta du pancréas pour déclencher la production de l’insuline, mais uniquement quand le taux de glucose est élevé. C’est l’un des mécanismes qui permet de maintenir la  glycémie du corps humain dans une gamme très étroite. Notre défi est de contribuer à mettre au point des molécules qui activeraient le récepteur au moment opportun » révèle le Dr Poitout.

Les découvertes du chercheur étant du domaine public, peuvent être consultées par les entreprises pharmaceutiques, leur donnant des pistes pour développer de nouvelles  générations de médicaments. « Ces compagnies nous mandatent aussi pour mettre au point des modèles d’approche ou tester de nouvelles molécules ». Par exemple, Merck Frosst a versé au chercheur un fonds de 60 000 $ en 2007 pour développer un projet de recherche sur la cellule bêta.

« Nous devons poursuivre nos travaux pour créer un continuum à partir de la recherche fondamentale. Notre véritable expertise est de générer des connaissances; celle du secteur  privé, c’est de créer de nouveaux médicaments. Dans le combat contre le diabète, les secteurs public et privé doivent travailler vraiment en synergie » estime le Dr Poitout. 

VERS UNE SOCIÉTÉ EN SANTÉ

Le Dr Poitout s’intéresse également à la pathogénèse du diabète de type 2. Pathoquoi ? Il s’agit d’une branche de la science qui étudie l’apparition des maladies. « En connaissant mieux l’histoire naturelle du diabète de type 2, on pourra mettre sur pied des stratégies de prévention plus efficaces. » précise le Dr Poitout. « Il faut savoir qu’une prévention ciblée peut faire diminuer de moitié le nombre de personnes atteintes de diabète; c’est considérable ! ».

Avec le taux d’obésité qui augmente à une vitesse fulgurante, la situation devient très inquiétante. Chez les personnes obèses, l’excès chronique d’acides gras et de nutriments dans le sang a un effet toxique sur les cellules qui secrètent de l’insuline. Après un temps, le corps produit non seulement moins d’insuline, mais le système devient peu à peu résistant à cette hormone. On est alors à risque de devenir un diabétique de type 2. 

Rappelons que les patients diabétiques courent davantage de risques d’être atteints d’une
maladie cardiaque, d’hypertension et d’hyper-cholestérolémie; un diabète mal maîtrisé peut aussi mener à des troubles rénaux, la cécité, des lésions nerveuses et vasculaires et des difficultés à combattre les infections.

Les recherches menées dans le laboratoire du Dr Poitout peuvent donc avoir un impact sur la qualité ainsi que l’espérance de vie de millions de personnes dans le monde et réduire le nombre de personnes hospitalisées ou traitées, tout en contribuant à la création de meilleurs médicaments.  Comme quoi, une société gagne vraiment à investir dans la recherche fondamentale.
cécité, des lésions nerveuses et vasculaires et des difficultés à combattre les infections.




 

  

 

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