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LA SCLÉROSE EN PLAQUES AU CANADA
Touchant les jeunes adultes, la SEP est une maladie
dégénérative inflammatoire qui détruit
la couche qui protège les cellules du système
nerveux; cette couche (appelée myéline) sert de
conducteur et transmet l’information nerveuse dans tout le
corps. La sclérose se localise en plaques et entraîne
la paralysie d’un membre, des fourmillements, des troubles de
la vision ou encore des désordres de
l’équilibre. Au Canada, elle touche 55 000 à 75
000 individus; les trois quarts sont des femmes. Son
évolution, variable et imprévisible, nuit grandement
à la qualité de vie.
DIALOGUE ENTRE LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL ET LE
SYSTÈME IMMUNITAIRE
Depuis 2006, Nathalie Arbour fait partie de l’axe
Neurosciences du CRCHUM. Financée par la
Société canadienne de la sclérose en plaques,
le Fonds de la recherche en santé du
Québec, le Conseil national de la recherche en sciences
naturelles et génie,les Instituts de recherche en
santé du Canada et la Fondation canadienne pour
l’innovation, elle tente de comprendre le dialogue entre le
système nerveux central (SNC) et le système
immunitaire en étudiant les lymphocytes T CD8. « Ce
sont des globules blancs capables de tuer des cellules, et qui
jouent un rôle important dans les maladies virales et dans la
SEP ». On retrouverait des CD8 dans les lésions du
cerveau des patients décédés.
En étudiant les cellules de cerveaux, obtenues chez des
patients décédés, et des échantillons
de sang et de liquide céphalorachidien – liquide dans
lequel baignent les cellules
du cerveau et de la moelle épinière, elle tente
d’expliquer comment les CD8 s’infiltrent pour
détruire une partie du cerveau ainsi que la manière
dont le SNC réagit à cette
attaque. Actuellement, les médicaments servent à
diminuer l’inflammation et la fréquence des
poussées. Son but ultime ? « Je
m’intéresse à trouver la clé qui
permettra de
développer de nouveaux traitements. »
SES LIENS AVEC LES MALADES
Même si elle travaille sur des cellules animales et
humaines, Nathalie Arbour entretient des contacts fréquents
avec les personnes atteintes de sclérose en plaques. «
Chaque
année, je participe avec mon équipe à la
marche organisée par la Société canadienne de
la sclérose en plaques ». De plus, la chercheure
présente ses travaux lors de conférences.
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UNE FEMME PASSIONNÉE
« Petite fille, j’aimais donner des explications
à mes camarades de classe », se souvient Nathalie
Arbour. Avec une mère artiste et un père dans la
construction, la jeune fille
est plutôt intéressée par les sciences. «
Mes parents m’ont toujours encouragée, même
s’ils ne savaient pas où cela me mènerait.
»
Attirée par les défis intellectuels, elle
enchaîne un baccalauréat en microbiologie et
immunologie et une maîtrise en virologie et immunologie. Elle
poursuit au doctorat. « Ma thèse portait sur
l’implication potentielle des virus dans le
développement de la sclérose en plaques. » Son
stage postdoctoral au Scripps Research Institute en Californie lui
fait réaliser qu’elle veut devenir chercheure. «
J’ai vécu pendant quatre ans une expérience
très enrichissante ». Elle découvre les
exigences de la collecte de données et de
l’écriture d’articles scientifiques et collabore
avec des neurologues spécialisés dans la SEP. De
retour à Montréal, elle travaillera à
l’Institut neurologique de Montréal avec le Dr Jack
Antel, éminent spécialiste de la SEP qui ravivera
encore sa passion pour la recherche.
LA PLACE DES FEMMES EN RECHERCHE
« Dans les comités scientifiques, les femmes
siègent en minorité, « mais les relations avec
les hommes se font d’égal à égal
». Bien représentées dans les
programmes
universitaires, toutes ne franchissent pas nécessairement le
pas vers une carrière académique, parce que cela
demeure un choix difficile. « En plus, dans la
hiérarchie de la
recherche, très peu de femmes assument des postes à
responsabilités – chef de département ou
directrice de centre – mais elles sont de plus en plus
nombreuses et deviennent des
exemples inspirants pour les jeunes femmes ! »

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