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Volume 2 - numéro 1, mars 2010

 
Archives À propos de Recherche CRCHUM
 
  Nathalie Arbour
 

Par Dalila Benhaberou-Brun

Percer le mystère de la sclérose en plaques

Décrite en 1868 pour la première fois par le neurologue français Jean-Martin Charcot, la sclérose en plaques (SEP) n’a pas livré tous ses secrets puisque la cause demeure encore inconnue.Nathalie Arbour, chercheure au CRCHUM, consacre ses travaux à cette maladie et nous guide à travers son expérience de jeune chercheure.

LA SCLÉROSE EN PLAQUES AU CANADA 

Touchant les jeunes adultes, la SEP est une maladie dégénérative inflammatoire qui détruit la couche qui protège les cellules du système nerveux; cette couche (appelée myéline) sert de conducteur et transmet l’information nerveuse dans tout le corps. La sclérose se localise en plaques et entraîne la paralysie d’un membre, des fourmillements, des troubles de la vision ou encore des désordres de l’équilibre. Au Canada, elle touche 55 000 à 75 000 individus; les trois quarts sont des femmes. Son évolution, variable et imprévisible, nuit grandement à la qualité de vie. 

DIALOGUE ENTRE LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL ET LE SYSTÈME IMMUNITAIRE 

Depuis 2006, Nathalie Arbour fait partie de l’axe Neurosciences du CRCHUM. Financée par la Société canadienne de la sclérose en plaques, le Fonds de la recherche en santé du
Québec, le Conseil national de la recherche en sciences naturelles et génie,les Instituts de recherche en santé du Canada et la Fondation canadienne pour l’innovation, elle tente de comprendre le dialogue entre le système nerveux central (SNC) et le système immunitaire en étudiant les lymphocytes T CD8. « Ce sont des globules blancs capables de tuer des cellules, et qui jouent un rôle important dans les maladies virales et dans la SEP ». On retrouverait des CD8 dans les lésions du cerveau des patients décédés.

En étudiant les cellules de cerveaux, obtenues chez des patients décédés, et des échantillons de sang et de liquide céphalorachidien – liquide dans lequel baignent les cellules du cerveau et de la moelle épinière, elle tente d’expliquer comment les CD8 s’infiltrent pour détruire une partie du cerveau ainsi que la manière dont le SNC réagit à cette attaque. Actuellement, les médicaments servent à diminuer l’inflammation et la fréquence des poussées. Son but ultime ? « Je m’intéresse à trouver la clé qui permettra de développer de nouveaux traitements. »

SES LIENS AVEC LES MALADES 

Même si elle travaille sur des cellules animales et humaines, Nathalie Arbour entretient des contacts fréquents avec les personnes atteintes de sclérose en plaques. « Chaque
année, je participe avec mon équipe à la marche organisée par la Société canadienne de la sclérose en plaques ». De plus, la chercheure présente ses travaux lors de conférences. .

UNE FEMME PASSIONNÉE

« Petite fille, j’aimais donner des explications à mes camarades de classe », se souvient Nathalie Arbour. Avec une mère artiste et un père dans la construction, la jeune fille est plutôt intéressée par les sciences. « Mes parents m’ont toujours encouragée, même s’ils ne savaient pas où cela me mènerait. » 

Attirée par les défis intellectuels, elle enchaîne un baccalauréat en microbiologie et immunologie et une maîtrise en virologie et immunologie. Elle poursuit au doctorat. « Ma thèse portait sur l’implication potentielle des virus dans le développement de la sclérose en plaques. » Son stage postdoctoral au Scripps Research Institute en Californie lui fait réaliser qu’elle veut devenir chercheure. « J’ai vécu pendant quatre ans une expérience très enrichissante ». Elle découvre les exigences de la collecte de données et de l’écriture d’articles scientifiques et collabore avec des neurologues spécialisés dans la SEP. De retour à Montréal, elle travaillera à l’Institut neurologique de Montréal avec le Dr Jack Antel, éminent spécialiste de la SEP qui ravivera encore sa passion pour la recherche.

LA PLACE DES FEMMES EN RECHERCHE

« Dans les comités scientifiques, les femmes siègent en minorité, « mais les relations avec les hommes se font d’égal à égal ». Bien représentées dans les programmes 
universitaires, toutes ne franchissent pas nécessairement le pas vers une carrière académique, parce que cela demeure un choix difficile. « En plus, dans la hiérarchie de la recherche, très peu de femmes assument des postes à responsabilités – chef de département ou directrice de centre – mais elles sont de plus en plus nombreuses et deviennent des exemples inspirants pour les jeunes femmes ! »












 

  

 

 

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