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Volume 2 - numéro 1, mars 2010

 
Archives À propos de Recherche CRCHUM
 
  Shao-Ling Zang
 

Par Dalila Benhaberou-Brun

Quand maman a le diabète

Le diabète maternel provoque des anomalies rénales chez les enfants. À l’âge adulte, ces derniers présenteraient des problèmes de santé comme l’hypertension ou des maladies rénales. Depuis cinq ans, Shao-Ling Zhang, membre de l’axe Maladies cardiométaboliques, conduit des recherches dans ce domaine au sein du laboratoire de néphrologie moléculaire pédiatrique du CRCHUM.

UNE APPROCHE UNIQUE AU MONDE 

Soutenue par les IRSC, la Fondation canadienne du rein, le FRSQ et la Fondation canadienne pour l’innovation, Shao-Ling Zhang travaille sur un projet unique en son genre appelé “Maternal Diabetesand Perinatal Programming of Kidney and Cardiovascular Diseases”. Elle a observé que les souris souffrant de diabète non contrôlé pendant la grossesse, donnent naissance à des bébés de petit poids et dont les reins présentent de graves anomalies. Certains de ces bébés, parvenus à l’âge adulte, développeront alors de l’hypertension, de l’obésité ou même du diabète; c’est ce qu’on appelle la programmation périnatale. « Un sujet fascinant et mystérieux qui touche autant l’embryon que l’adulte » dit-elle. Concernant une véritable problématique de santé, les recherches dans cette voie pourraient aider à prévenir les maladies chez les enfants dont les mères ont souffert de diabète durant leur grossesse. Et elle ajoute, « J’ai une fille et je me sens concernée par le sujet. »

Shao-Ling Zhang a publié plusieurs articles pour élucider les mécanismes reliés à ce domaine de recherche et est récipiendaire de nombreux prix récompensant ses travaux. Même si elle travaille uniquement sur des modèles animaux, elle partage régulièrement ses connaissances avec des pédiatres et des néphrologues. Supportée par la Fondation canadienne pour l’innovation depuis mars 2009, Shao-Ling Zhang aspire à développer des outils de prévention de l’hypertension et des complications rénales liées au diabète de grossesse. Ce financement, qui souligne le caractère innovant de sa recherche,lui permettra d’obtenir des données robustes pour comprendre quels facteurs prédisposeront à développer des maladies rénales ou cardiovasculaires à l’âge adulte.« Passionnée, je suis toujours allée de l’avant dans ma vie », avoue-t-elle, comme en témoigne son parcours. 

UN PARCOURS HORS DU COMMUN

Technicienne en néphrologie pendant huit ans, Shao-Ling Zhang décide de reprendre des études supérieures à l’Université de Montréal. « Je connaissais bien la partie technique grâce à mon expérience professionnelle en néphrologie,ça m’a avantagée. Pour moi, c’était comme franchir la porte de mon laboratoire pour aller travailler dans celui d’un collègue ! » Sauf que son superviseur vit à Montréal et elle en Chine !

L’adaptation s’avère difficile à cause de la langue. « Parlant presque exclusivement le chinois, j’ai beaucoup travaillé pour apprendre l’anglais et le français en même temps et c’était un immense défi. » Très soutenue, Shao-Ling Zhang parvient à surmonter les obstacles de la langue et de la culture et termine sa maîtrise et son doctorat, récompensés de nombreux prix. Pourtant, elle ne s’arrête pas là. « Je voulais me prouver que j’étais capable de me réaliser en tant que femme. » Grâce à une nouvelle bourse (IRSC) et à sa détermination, elle poursuit un stage postdoctoral à la Harvard Medical School. « Si vous m’aviez dit qu’un jour j’irais là-bas, je ne vous aurais pas cru. » Ce stage a permis à Shao-Ling Zhang d’apprendre la rigueur et de retenir ses leçons : étudier un important problème de santé, se poser des questions pertinentes et tirer des conclusions simples. Elle se souvient d’une idée difficile à formuler et que sa directrice a su résumer. « Deux mots qui disaient tout ce que je voulais dire ! »

Aujourd’hui, Shao-Ling Zhang se dit fière de son parcours et de sa persévérance. Selon elle, le succès en recherche ne tient qu’à l’esprit d’équipe et à la passion de chacun des membres… sans oublier un petit brin de fantaisie !

LES FEMMES : UNE AUTRE FAÇON D’ABORDER DES CHOSES

« Les femmes se distinguent par la richesse et la nature de leurs questionnements ». Les hommes, plus rationnels et moins « émotifs », s’orientent vers des objectifs différents. Loin de vouloir juger ces derniers, Shao-Ling Zhang estime que les femmes apportent une dimension unique et intéressante à la recherche fondamentale et que la collaboration homme-femme potentialise les résultats.












 

  

 

 

 

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