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QU’EST-CE QUE LE PRÉDIABÈTE ?
Le prédiabète est caractérisé par un
taux de sucre élevé dans le sang soit à jeun
(6,1 à 6,9 mmol/L) ou à deux heures après un
test d’hyperglycémie provoquée (75 g de glucose
: taux de sucre entre 7,8 à 11,0 mmol/L). Jean-Louis
Chiasson est inquiet parce que cette condition comporte non
seulement un risque élevé d’évolution
vers le diabète de type 2, mais aussi un risque
élevé d’événements
cardiovasculaires. La prise en charge devrait être plus
soutenue selon le chercheur, qui fonde de grands espoirs sur
l’étude ACE, une nouvelle étude à
laquelle il participe.
UNE VOIE DE TRAITEMENT PROMETTEUSE
Financé par le laboratoire Bayer, ce protocole original
traite du prédiabète et inclura quelque 7 500
patients. L’objectif de cette étude consiste à
évaluer chez des patients atteints de
prédiabète et qui ont déjà eu un
événement cardiaque, l’effet d’un
médicament appelé acarbose sur le
développement du diabète de type 2 et
l’incidence de la mortalité, de l’infarctus du
myocarde et des accidents cérébrovasculaires chez les
patients.
Une étude antérieure internationale dirigée
par Jean-Louis Chiasson a démontré chez des sujets
prédiabétiques que l’acarbose, en diminuant
l’augmentation du taux de sucre dans le sang après le
repas, réduisait de 36 % le risque de développer le
diabète de type 2. L’acarbose diminuait
également le risque d’événements
cardiovasculaires de 49 %. Devant ces données
encourageantes,Jean-Louis Chiasson souhaite confirmer ces effets
sur les événements cardiovasculaires dans une plus
grande population. « Si l’on arrive à prouver
dans notre étude ACE que l’acarbose peut
prévenir les événements cardiovasculaires, ce
serait extraordinaire ».
POURQUOI CHERCHER DES SOLUTIONS EN CHINE ?
Si le point de départ des précoccupations de
Jean-Louis Chiasson se situent au Canada, pourquoi faut-il se
tourner vers la Chine pour trouver des solutions ? « Pour
deux raisons, » souligne Jean-Louis Chiasson. D’abord,
parce qu’il est plus facile de réunir les 7 500 sujets
nécessaires pour confirmer nos résultats de
façon concluante et hors de tout doute étant
donnée la taille de la population chinoise. Et
deuxièmement parce que l’incidence du diabète
de type 2 dans ce pays est assez élevée et en voie
d’assumer des proportions épidémiques ».
Mais il assure que les conclusions de l’étude seront
transposables au reste de la population mondiale, parce que les
causes du diabète de type 2 sont les mêmes, quelle que
soit l’origine nationale ou ethnique.
VERS UN DEPISTAGE SYSTÉMATIQUE
Le dépistage systématique du prédiabète
ne se fait malheureusement pas au Canada,même si plusieurs
études ont démontré qu’une intervention
avec ou sans médicament pouvait diminuer le risque de
progression vers le diabète de type 2. Depuis janvier 2009,
le Dr Jean-Louis Chiasson, endocrinologue et chercheur au CRCHUM,
s’attaque à cette question en menant avec des
collègues européens un projet de recherche clinique
de première importance… en Chine ! « Dans la
mesure où les résultats de cette étude ainsi
que d’autres à travers le monde peuvent se traduire
par des mesures de santé publique, je ne vois pas pour
pourquoi on ne pourrait pas endiguer cette cette
épidémie ».
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