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Volume 3 - numéro 1, juin 2011

 
ArchivesÀ propos de Recherche CRCHUM
 
  Dr Jean-Louis Chiasson
 

Par Dalila Benhaberou-Brun

Traiter le prédiabète pour prévenir
le diabète

Le dépistage systématique du prédiabète ne se fait malheureusement pas au Canada, même si plusieurs études ont démontré qu’une intervention avec ou sans médicament pouvait diminuer le risque de progression vers le diabète de type 2. Depuis janvier 2009, le Dr Jean-Louis Chiasson, endocrinologue et chercheur au CRCHUM, s’attaque à cette question en menant avec des collègues européens un projet de recherche clinique de
première importance… en Chine !

QU’EST-CE QUE LE PRÉDIABÈTE ?

Le prédiabète est caractérisé par un taux de sucre élevé dans le sang soit à jeun (6,1 à 6,9 mmol/L) ou à deux heures après un test d’hyperglycémie provoquée (75 g de glucose : taux de sucre entre 7,8 à 11,0 mmol/L). Jean-Louis Chiasson est inquiet parce que cette condition comporte non seulement un risque élevé d’évolution vers le diabète de type 2, mais aussi un risque élevé d’événements cardiovasculaires. La prise en charge devrait être plus soutenue selon le chercheur, qui fonde de grands espoirs sur l’étude ACE, une nouvelle étude à laquelle il participe. 

UNE VOIE DE TRAITEMENT PROMETTEUSE

Financé par le laboratoire Bayer, ce protocole original traite du prédiabète et inclura quelque 7 500 patients. L’objectif de cette étude consiste à évaluer chez des patients atteints de prédiabète et qui ont déjà eu un événement cardiaque, l’effet d’un médicament appelé acarbose sur le développement du diabète de type 2 et l’incidence de la mortalité, de l’infarctus du myocarde et des accidents cérébrovasculaires chez les patients.

Une étude antérieure internationale dirigée par Jean-Louis Chiasson a démontré chez des sujets prédiabétiques que l’acarbose, en diminuant l’augmentation du taux de sucre dans le sang après le repas, réduisait de 36 % le risque de développer le diabète de type 2. L’acarbose diminuait également le risque d’événements cardiovasculaires de 49 %. Devant ces données  encourageantes,Jean-Louis Chiasson souhaite confirmer ces effets sur les événements cardiovasculaires dans une plus grande population. « Si l’on arrive à prouver dans notre étude ACE que l’acarbose peut prévenir les événements cardiovasculaires, ce serait extraordinaire ».

POURQUOI CHERCHER DES SOLUTIONS EN CHINE ?

Si le point de départ des précoccupations de Jean-Louis Chiasson se situent au Canada, pourquoi faut-il se tourner vers la Chine pour trouver des solutions ? « Pour deux raisons, » souligne Jean-Louis Chiasson. D’abord, parce qu’il est plus facile de réunir les 7 500 sujets nécessaires pour confirmer nos résultats de façon concluante et hors de tout doute étant donnée la taille de la population chinoise. Et deuxièmement parce que l’incidence du diabète de type 2 dans ce pays est assez élevée et en voie d’assumer des proportions épidémiques ». Mais il assure que les conclusions de l’étude seront transposables au reste de la population mondiale, parce que les causes du diabète de type 2 sont les mêmes, quelle que soit l’origine nationale ou ethnique.

VERS UN DEPISTAGE SYSTÉMATIQUE

Le dépistage systématique du prédiabète ne se fait malheureusement pas au Canada,même si plusieurs études ont démontré qu’une intervention avec ou sans médicament pouvait diminuer le risque de progression vers le diabète de type 2. Depuis janvier 2009, le Dr Jean-Louis Chiasson, endocrinologue et chercheur au CRCHUM, s’attaque à cette question en menant avec des collègues européens un projet de recherche clinique de première importance… en Chine ! « Dans la mesure où les résultats de cette étude ainsi que d’autres à travers le monde peuvent se traduire par des mesures de santé publique, je ne vois pas pour pourquoi on ne pourrait pas endiguer cette cette épidémie ».


 

 

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