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Volume 3 - numéro 1, juin 2011

 
ArchivesÀ propos de Recherche CRCHUM
 
 
  Dre Nathalie Bureau
 

Par Andréa Sirhan-Daneau

Douleurs chroniques de l’épaule :
une meilleure évaluation pour un traitement plus efficace

Vous êtes aux prises avec des douleurs chroniques à l’épaule ? Vous n’êtes pas seuls : en 2000, les coûts des traitements associés à ces problèmes aux États-Unis s’élevaient à 7 milliards $.  Ces douleurs peuvent être engendrées par plusieurs facteurs. La Dre Nathalie Bureau, radiologue et chercheuse au CRCHUM, s’intéresse aux troubles de la coiffe des rotateurs et au syndrome acromio-huméral, une pathologie qui provoque des frottements anormaux et qui peut mener à la tendinopathie ou à des déchirures aux tendons de l’épaule, qui sont responsables de la majorité des mouvements de cette région. Plus particulièrement, elle se concentre sur l’évaluation de cette condition afin d’offrir un traitement plus efficace.  

   

L’ÉCHOGRAPHIE DYNAMIQUE : UN SYSTÈME D’ÉVALUATION EFFICACE

Nathalie Bureau s’est penchée sur l’intérêt de l’échographie dynamique dans l’évaluation et la détection du syndrome acromio-huméral. Cette technique promettait d’observer un plus large éventail d’anomalies en présence de la pathologie,en plus de détecter certains signes précurseurs du syndrome. Le but de l’étude était de comparer l’échographie dynamique à d’autres examens habituellement utilisés, dont la radiographie et l‘imagerie par résonance magnétique (IRM), d’autant plus que cette technique ne génère pas de radiations, ni d’autres effets néfastes pour le corps humain. Elle permet également de visualiser les structures étudiées en mouvement, contrairement à l’image statique que fournit l’IRM. « Les gens associent surtout l’échographie à l’évaluation du foetus, mais elle possède beaucoup plus d’indications cliniques », affirme Nathalie Bureau. L’hypothèse de l’étude menée sur 13 patients s’est révélée concluante : non seulement l’échographie dynamique permet-elle une visualisation directe entre les différentes structures de l’articulation, mais elle fournit des informations plus complètes sur les causes intrinsèques et extrinsèques qui pourraient engendrer ce syndrome et elle permet un diagnostic plus précis et même préventif.

DE MEILLEURS FACTEURS PRÉDICTIFS

Nathalie Bureau poursuit ses recherches en collaboration avec le Laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie (LIO), les chercheurs fondamentalistes Nicola Hagemeister et Jacques de Guise, du CRCHUM et de l’École de technologie supérieure, et leur équipe multidisciplinaire (Patrice Tétreault, Dominique Rouleau et André Roy). Ils travaillent actuellement sur le
développement d’indices radiologiques fiables afin de mieux prédire le risque de chronicité des
problèmes d’épaules chez les travailleurs. L’équipe multidisciplinaire vise ainsi à identifier la cause des pertes de fonction de l’épaule et, éventuellement, à prédire le résultat d’un traitement. « Certains patients souffrent de déchirure de tendons au niveau de l’épaule, mais gardent une bonne fonction de leur membre supérieur; d’autres souffrent de blessures plus légères, mais leur motricité est plus affectée. On veut identifier les facteurs qui permettent de départager les patients à ce niveau afin d’acquérir une meilleure compréhension de la pathologie » explique Nathalie Bureau. Ces informations serviront à améliorer les processus d’évaluation et de traitement des patients vus à l’hôpital et en clinique, pour les rendre moins invasifs et moins coûteux, en plus d’optimiser les stratégies de réadaptation.

DU LABO AU CHEVET DU PATIENT 

Au-delà des retombées immédiates pour les patients, ce projet collaboratif souligne l’importance d’établir des liens entre la recherche fondamentale, la recherche clinique et la pratique médicale. « C’est une collaboration unique entre les chercheurs fondamentaux et les cliniciens, qui génère des travaux extrêmement intéressants et qui élargit le champ de la recherche clinique d’une façon très positive. On ne peut que s’en inspirer », conclut la chercheure.


 

 

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