Agrandir la taille du texte Diminuer la taille du texte Envoyer à un ami Facile à imprimer
Volume 3 - numéro 1, juin 2011

 
ArchivesÀ propos de Recherche CRCHUM
 
  Dre Julie Bruneau
 

Par Richard Ashby et Dalila Benhaberou-Brun

Prévenir la transmission du VIH dans une population à risque

Les risques associés à l’utilisation des drogues par injection sont connus et multiples, surtout chez les individus qui partagent des seringues avec d’autres usagers. Cette pratique ouvre la porte à la transmission d’infections graves, notamment le VIH et ce, avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour la population en général. Or, une nouvelle étude menée par la Dre Julie Bruneau, médecin et chercheure au CRCHUM, révèle que le taux de transmission a diminué chez les usagers
de drogue par injection (UDI) à Montréal.

 



Subventionnée par les Instituts de recherche en santé du Canada, le National Institute on Drug Abuse des États-Unis et le Fonds de la recherche en santé du Québec, l’étude démontre plus précisément que le taux de nouvelles infections au VIH chez les UDI à Montréal a diminué graduellement depuis 1992. De plus, cette tendance vers le bas est quatre fois plus rapide depuis 2001. « Ce dernier constat a permis à l’équipe de recherche de faire le lien avec le programme de distribution de seringues à Montréal », note la chercheure. L’étude menée auprès de plus de 2 000 toxicomanes, entre 1992 et 2008,  a également confirmé que le partage de seringues, l’injection de cocaïne ainsi que les conditions de logement instables sont parmi les principaux moteurs de l’épidémie de VIH parmi les UDI.

MONTRÉAL - VILLE PIONNIÈRE

Montréal a été parmi les premières villes en Amérique du Nord à mettre en place des programmes d’échange de seringues dès la fin des années 1980. Avec l’appui des responsables de la santé publique, Montréal a maintenant l’une des politiques les plus libérales de distribution de seringues en Amérique du Nord. À partir de programmes d’échange, un nombre illimité de seringues et le matériel d’injection peuvent être obtenus auprès des travailleurs de proximité et dans les centres locaux de services communautaires (CLSC). Un réseau de pharmacies a été mis en place pour vendre des seringues à bas prix pour les UDI.


LA COHORTE SAINT-LUC – UNE RESSOURCE INDISPENSABLE

Si l’équipe de Julie Bruneau a pu observer cette diminution et faire le lien avec les programmes de prévention du VIH développés à Montréal et au Québec, c’est grâce à la cohorte Saint-Luc. Depuis 1988, des UDI sont recrutés pour faire partie de cette cohorte qui, au fil des années, est devenue l’une des seules au monde en mesure de fournir des informations cruciales sur l’histoire naturelle, l’étiologie, la transmission et la pathogénèse du VIH et du VHC dans cette population. Les études qu’elle permet de mener bénéficient non seulement d’un grand bassin de sujets, mais aussi de la possibilité de les suivre sur de longues périodes. Ces données sont précieuses pour mieux comprendre la dynamique de transmission et les effets des interventions. Elles contribuent ainsi à l’application des connaissances scientifiques pour améliorer la santé des personnes, comme le montre l’étude récemment publiée.

UNE MISE EN GARDE

Nonobstant les progrès observés, Julie Bruneau souligne que l’épidémie n’est pas encore contrôlée : « Les programmes d’échange et de distribution de seringues ne sont pas suffisants parce qu’ils doivent être intégrés à une stratégie plus globale ». Une meilleure compréhension des mécanismes d’acquisition du VIH permet d’ajuster les mesures déjà en place. Les résultats de cette étude militent en faveur d’une diversité de moyens pour rejoindre et outiller la population
des utilisateurs de drogues, incluant notamment des lieux d’injection sécuritaires et des programmes de traitement de la toxicomanie intégrant des approches novatrices.


 

 

Joindre le CHUM Responsabilités et confidentialité Droits d'auteur Production et réalisation