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Dre Julie Bruneau |
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Par Richard Ashby et Dalila Benhaberou-Brun
Prévenir la transmission du VIH dans une population à
risque
Les risques associés à l’utilisation des
drogues par injection sont connus et multiples, surtout chez les
individus qui partagent des seringues avec d’autres usagers.
Cette pratique ouvre la porte à la transmission
d’infections graves, notamment le VIH et ce, avec toutes les
conséquences que cela peut avoir pour la population en
général. Or, une nouvelle étude menée
par la Dre Julie Bruneau, médecin et chercheure au CRCHUM,
révèle que le taux de transmission a diminué
chez les usagers
de drogue par injection (UDI) à
Montréal.
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Subventionnée par les Instituts de recherche en santé
du Canada, le National Institute on Drug Abuse des
États-Unis et le Fonds de la recherche en santé du
Québec, l’étude démontre plus
précisément que le taux de nouvelles infections au
VIH chez les UDI à Montréal a diminué
graduellement depuis 1992. De plus, cette tendance vers le bas est
quatre fois plus rapide depuis 2001. « Ce dernier constat a
permis à l’équipe de recherche de faire le lien
avec le programme de distribution de seringues à
Montréal », note la chercheure. L’étude
menée auprès de plus de 2 000 toxicomanes, entre 1992
et 2008, a également confirmé que le partage de
seringues, l’injection de cocaïne ainsi que les
conditions de logement instables sont parmi les principaux moteurs
de l’épidémie de VIH parmi les UDI.
MONTRÉAL - VILLE PIONNIÈRE
Montréal a été parmi les premières
villes en Amérique du Nord à mettre en place des
programmes d’échange de seringues dès la fin
des années 1980. Avec l’appui des responsables de la
santé publique, Montréal a maintenant l’une des
politiques les plus libérales de distribution de seringues
en Amérique du Nord. À partir de programmes
d’échange, un nombre illimité de seringues et
le matériel d’injection peuvent être obtenus
auprès des travailleurs de proximité et dans les
centres locaux de services communautaires (CLSC). Un réseau
de pharmacies a été mis en place pour vendre des
seringues à bas prix pour les UDI.
LA COHORTE SAINT-LUC – UNE RESSOURCE INDISPENSABLE
Si l’équipe de Julie Bruneau a pu observer cette
diminution et faire le lien avec les programmes de
prévention du VIH développés à
Montréal et au Québec, c’est grâce
à la cohorte Saint-Luc. Depuis 1988, des UDI sont
recrutés pour faire partie de cette cohorte qui, au fil des
années, est devenue l’une des seules au monde en
mesure de fournir des informations cruciales sur l’histoire
naturelle, l’étiologie, la transmission et la
pathogénèse du VIH et du VHC dans cette population.
Les études qu’elle permet de mener
bénéficient non seulement d’un grand bassin de
sujets, mais aussi de la possibilité de les suivre sur de
longues périodes. Ces données sont précieuses
pour mieux comprendre la dynamique de transmission et les effets
des interventions. Elles contribuent ainsi à
l’application des connaissances scientifiques pour
améliorer la santé des personnes, comme le montre
l’étude récemment publiée.
UNE MISE EN GARDE
Nonobstant les progrès observés, Julie Bruneau
souligne que l’épidémie n’est pas encore
contrôlée : « Les programmes
d’échange et de distribution de seringues ne sont pas
suffisants parce qu’ils doivent être
intégrés à une stratégie plus globale
». Une meilleure compréhension des mécanismes
d’acquisition du VIH permet d’ajuster les mesures
déjà en place. Les résultats de cette
étude militent en faveur d’une diversité de
moyens pour rejoindre et outiller la population
des utilisateurs de drogues, incluant notamment des lieux
d’injection sécuritaires et des programmes de
traitement de la toxicomanie intégrant des approches
novatrices.
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