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Dans le domaine de la santé, cette recherche est
fondamentale quand elle vise à mieux circonscrire les
mécanismes cellulaires ou biologiques en cause dans la
maladie, ou encore à découvrir des molécules
prometteuses qui feront les médicaments de demain. Et
clinique lorsqu’elle concentre ses activités à
évaluer les nouveaux médicaments ou les nouvelles
thérapies sur des sujets humains dans le but de
guérir ou de mieux traiter la maladie. Mais il y aussi un
troisième grand volet : la santé des populations, une
force importante au CRCHUM. Cela concerne les risques à la
santé, l’organisation des systèmes de
santé en matière de qualité,
d’équité, d’accès et de pratiques
cliniques, qui sont aussi des déterminants de la
santé, enfin les soins dans les pays en voie de
développement.
La recherche revêt trois habits au CRCHUM : contractuelle et
financée par l’industrie pharmaceutique dans le but
d’évaluer de nouveaux médicaments;
financée par de grands organismes comme les Instituts de
recherche en santé du Canada, le Fonds de la recherche en
santé du Québec ou encore des organisations, comme la
Fondation des maladies du coeur, intéressées à
découvrir de nouveaux traitements, enfin initiée par
les médecins et les chercheurs eux-mêmes sur des
problématiques qu’ils jugent pertinentes. À
l’automne 2010, il y avait respectivement dans chacun de ces
trois secteurs 314, 495 et 329 projets de recherche en
cours.
Avec ses 362 chercheurs, plus de 1 000 projets de recherche
clinique en cours, des étudiants
des cycles supérieurs et des stagiaires postdoctoraux, ses
larges cohortes de patients et
ses excellents plateaux technologiques à se partager comme
l’imagerie, la biostatistique, les
biopuces, la cytométrie, le phénotypage ou la
transgénèse, le Centre de recherche du CHUM
constitue le plus grand centre de recherche affilié de
l’Université de Montréal.
POINT CENTRAL DE LA RECHERCHE CLINIQUE : L’ÊTRE
HUMAIN
« La recherche clinique évalue l’effet de
médicaments,de procédures et de diagnostics sur des
personnes, explique le directeur adjoint scientifique,recherche
clinique, du CRCHUM, François
Lespérance. Nos efforts de recherche cliniquese concentrent
autour de cinq axes majeurs à multiples volets chacun
: cancer,
cardiométabolique,infection-immunité-inflammation,
maladies
musculosquelettiques et neurosciences. »
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Une partie très importante de la recherche clinique au
CRCHUM se concentre sur les essais cliniques, soit
l’étude spécifique d’un nouveau
médicament ou d’une nouvelle stratégie de
traitement chez une population définie de patients.
S’y déroulent principalement des études de
phase III, juste avant la ommercialisation.
Les produits sont alors testés chez des centaines ou des
milliers de patients; ces études visent à comparer de
façon randomisée, le nouveau traitement au traitement
de référence ou au placebo,après qu’ait
été déterminée la tolérance et
la toxicité au produit sur un nombre très restreint
d’humains (études de phase I) et mesurées les
doses minimales et maximales (phase II).
Les études de phase IV étudient le comportement du
médicament une fois sur le marché, quand une large
population y a accès.
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Dr François Lespérance |
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« La richesse de nos activités cliniques attire de
grands experts, se réjouit François
Lespérance. En bout de ligne, nous réalisons des
choses que les autres ne font pas. » Le CHUM est par exemple
le plus important centre de traitement du cancer et le plus gros
centre de neurosciences cliniques au Québec, avec des
experts en épilepsie, en sclérose en plaques et en
AVC. S’y côtoient aussi de grands experts en
diabète et en hypertension, pour ne nommer que
ceux-là. « Combiner une expertise si pointue à
un immense bassin de patients nous avantage par rapport à
d’autres centres de recherche n’ayant ni cette
variété ni cette quantité », ajoute
François Lespérance.
VERS UN NOUVEAU CRCHUM HAUTE PERFORMANCE
Le nouveau Centre de recherche du CHUM, en cours de construction au
sud de l’actuel Hôpital
Saint-Luc, centralisera bientôt la recherche, actuellement
répartie sur sept différents sites, en un seul lieu.
Des patients initialement recrutés dans les
différents hôpitaux du CHUM se rendront au CRCHUM pour
les visites de suivi, qui se font actuellement dans plusieurs
cliniques.
L’industrie veut travailler avec des centres de recherche
performants capables non seulement de recruter rapidement des
patients, mais aussi que chacun d’entre eux réponde
entièrement aux
critères du protocole, de telle sorte que la qualité
des données reste constante et indéniable. À
ce chapitre, la quantité et la diversité de personnes
fréquentant un hôpital de la taille du CHUM
—plus de 500 000 visites par année — constitue
un atout majeur pour les chercheurs ayant besoin de larges
cohortes.
« Le nouveau CRCHUM offrira un environnement
contrôlé, c’est-à-dire des
procédures normalisées comme les bonnes pratiques de
laboratoire et cliniques conformes aux exigences
réglementaires de grands organismes comme la FDA des
États-Unis (Food and Drug Agency), illustre Jacques Turgeon.
Ainsi réalisées à l’abri des
activités cliniques quotidiennes qui peuvent perturber les
chercheurs, les recherches de haut niveau et bien faites
souscrivent plus facilement aux exigences gouvernementales et se
font sans déviation évitent les retards, une
caractéristique qu’apprécie l’industrie.
»
Le nouveau CRCHUM ira encore plus loin pour réaliser
son plein potentiel de recherche clinique en engageant une
croissance de ses activités d’environ 20 % au cours
des prochaines années. Figurent notamment au programme
l’augmentation de l’offre d’essais cliniques de
phases I, II et IV. Par ailleurs, l’intégration du
CRCHUM en un seul lieu valorisera la créativité,
l’expertise, le talent et l’entreprenariat de ses
chercheurs. « Ce qui se traduira par un partenariat plus
fructueux avec l’industrie pharmaceutique », croit
François Lespérance.
SYNERGIES ET PROFONDEUR
En réunissant ses chercheurs sur un seul lieu, le nouveau
CRCHUM deviendra aussi un environnement très stimulant et
générateur d’émulation. « Nous
avons par exemple des forces en recherche fondamentale, en
recherche clinique et en santé des population — un
autre atout majeur du nouveau CRCHUM — nous
développerons une synergie gagnante par rapport à
d’autres centres moins développés, explique
François Lespérance. L’énorme avantage
de la profondeur que nous possédons constitue notre valeur
ajoutée et nous la développerons pleinement en
mettant nos chercheurs en réseau. »
Cette profondeur découle de la vue d’ensemble
qu’apporte la boucle complète de la recherche qui se
pratique au CRCHUM, permettant de mener à bien une recherche
réellement translationnelle, du laboratoire aux patients et
aux po-pulations. En amont, la recherche fondamentale et les
études populationnelles (la recherche
épidémiologique) travaillent sur la découverte
des facteurs environnementaux, génétiques et
bio-logiques qui contribuent à la genèse des maladies
et visent à identifier de nouveaux traitements. En aval, la
recherche clinique évalue l’efficacité des
nouvelles thérapies sur des patients, évaluation qui
souvent fournit de nouvelles questions pour les recherches au stade
de la découverte. Enfin, la recherche en santé des
populations permet également l’évaluation des
aspects liés au système de soins et services ainsi
que la qualité, l’accès et les politiques en
matière de soin de santé ici et ailleurs dans le
monde.
Suivent justement dans nos pages des textes pour faire
découvrir quelques chercheurs leurs travaux en recherche
clinique.
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