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Volume 3 - numéro 1 juin 2011

ArchivesÀ propos de Recherche CRCHUM
 
  Drs Réal Lapointe et Franck Vandenbroucke-Menu
 
Par Andréa Sirhan-Daneau

Innovation dans le traitement
du cancer du foie 

La résection d’une partie du foie est la seule approche curative des métastases hépatiques d’origine colorectale, avec un taux de survie de 50 % après 5 ans. Cette opération consiste à enlever la partie du foie atteinte par des métastases pour ensuite laisser le foie restant se régénérer. Mais quelle partie doit être enlevée et peut-on intervenir à un stade précoce pour ainsi limiter l’importance de l’intervention ?
Les recherches cliniques menées par les Drs Réal Lapointe et Franck Vandenbroucke-Menu, chercheurs cliniciens au CRCHUM, visent à améliorer les réponses à ces questions.

AMÉLIORER LA DÉTECTION DES TUMEURS

Les deux chercheurs ont collaboré sur un projet de recherche évaluant la pertinence de l’échographie effectuée directement sur le foie durant la chirurgie comme outil de détection de tumeurs. La conclusion fut sans équivoque : dans 10 % des cas, l’échographie détecte de nouvelles tumeurs qui étaient passées inaperçues au scanneur et à l’IRM et dans 16 % des cas au total, la chirurgie est modifiée par les nouvelles données obtenues. La résection des tumeurs supplémentaires trouvées par échographie augmente considérablement le taux de survie du patient. « Avec l’échographie, on arrive à découvrir des tumeurs supplémentaires, ou à constater que la tumeur visée est plus proche des vaisseaux sanguins que ce qu’on croyait à l’imagerie préopératoire,ce qui modifie la chirurgie qu’on avait prévue », explique Franck Vandenbroucke-Menu. « Ça reste un outil essentiel pour la chirurgie du foie », ajoute-t-il. L’étude, qui sera publiée sous peu, est la plus importante à ce jour réunissant 400 patients du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Ce qui renforce davantage les résultats. Comme le note Réal Lapointe : « La plupart des publications sur le sujet traitent plutôt du nombre de tumeurs et comportent beaucoup moins de patients ».

SIMULATION 3D PRÉOPÉRATOIRE

Une autre facette importante de la résection hépatique est de s’assurer de laisser suffisamment de foie au patient. Réal Lapointe et Franck Vandenbroucke-Menu ont travaillé à valider une nouvelle technologie d’imagerie 3D évaluant les volumes total, tumoral et restant du foie avant la résection, en collaboration avec l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (IRCAD) en France. Grâce à cette technologie,le chirurgien peut simuler l’hépatectomie à partir d’une image 3D reconstituant le foie, les tumeurs et les vaisseaux du patient et, ainsi, déterminer le volume de foie restant. Une étude a été menée, la première de ce genre qui s’attarde à valider l’imagerie en 3D, comparant cette technologie aux mesures manuelles obtenues en radiologie. Les résultats montrent pratiquement une équivalence entre les deux techniques. Pour Franck Vandenbroucke-Menu,l’imagerie 3D est prometteuse : « Une image en 3D représente mieux ce que le chirurgien retrouve en salle d’opération ».

VERS LA RECHERCHE TRANSLATIONNELLE

Depuis 2010, Réal Lapointe et Franck Vandenbroucke-Menu ont mis sur pied une banque de tissus humains à partir de patients atteints du cancer du foie ou du pancréas. En parallèle, ils ont développé une banque de données cliniques des patients qui va permettre de réunir le travail du clinicien et du fondamentaliste dans la même banque. Actuellement, une des difficultés pour le chercheur fondamental est de pouvoir corréler ses résultats aux données cliniques. De cette façon, il sera beaucoup plus facile et rapide de faire le lien entre le patient et les tissus, et ainsi d’améliorer le dépistage et les traitements des cancers du foie. Cette bio-banque devrait aussi permettre de développer la recherche de nouveaux traitements pour le cancer du pancréas avec des travaux sur l’infiltration lymphocytaire tumorale et, ainsi, offrir des possibilités de vaccinothérapie ou d’injection de lymphocytes « spécifiques ». « La détection précoce se traduit par de meilleures stratégies thérapeutiques, ce qui, conséquemment, rehausse le potentiel de survie du patient. On a vraiment espoir de faire quelque chose de bien et de grand », conclut Réal Lapointe.

 

 

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