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Certains pré-cancers évoluent toutefois à des
stades avancés, nécessitant des traitements de
radiothérapie et/ou de chimiothérapie dont les effets
secondaires peuvent être mortels. D’où la
détermination du Dr Francis Rodier, chercheur au CRCHUM, axe
Cancer, de développer une méthode de dépistage
plus efficace et une approche thérapeutique novatrice
ciblée sur les seules cellules cancéreuses. Il en
résulterait une intervention plus efficace et moins
agressante avec moins d’effets indésirables.
DÉPISTER LES CELLULES CANCÉREUSES
Certains pré-cancers évoluent toutefois à des
stades avancés, nécessitant des traitements de
radiothérapie et/ou de chimiothérapie dont les effets
secondaires peuvent être mortels. D’où la
détermination du Dr Francis Rodier, chercheur au CRCHUM, axe
Cancer, de développer une méthode de dépistage
plus efficace et une approche thérapeutique novatrice
ciblée sur les seules cellules cancéreuses. Il en
résulterait une intervention plus efficace et moins
agressante avec moins d’effets indésirables.
Dans la quasi-totalité des cas, le cancer du col de
l’utérus se développe en
raison d’une infection persistante des virus du papillome
humain (VPH), une
infection transmise sexuellement (ITS) aussi répandue que
sournoise car elle ne
présente aucun symptôme. Bien que la plupart des gens
ignorent en être infectés,
le VPH fabrique des protéines susceptibles d’engendrer
des tumeurs, les
oncoprotéines E6 et E7. Celles-ci causent
l’altération de gènes, ce qui favorise
le développement du cancer dans les cellules-hôtes du
col de l’utérus.
La chirurgie est actuellement le traitement de première
intention pour ce cancer
: on procède à une hystérectomie au cours de
laquelle on effectue des
prélèvements de ganglions sentinelles, qui sont
ensuite analysés par histologie
et imagerie médicale pour confirmer la présence ou
non de métastases. Or, cette
approche n’est pas toujours rigoureusement fiable et la
chirurgie n’a aucun effet
direct sur les métastases. Face à ce problème,
le Dr Francis Rodier et sa
collègue la Dre Vanessa Samouelian du CHUM travaillent sur
l’identification de
biomarqueurs pour pouvoir détecter directement les
métastases au niveau
moléculaire. « La mise au point de cette technique
devrait nous permettre de
détecter la présence ou non de métastases lors
de l’intervention chirurgicale »,
note le Dr Rodier. De cette manière, seuls les ganglions
seront prélevés, ce qui
éviterait une hystérectomie lorsqu’une
métastase est dépistée. Cette
percée
serait déjà remarquable, mais le Dr Rodier a
d’autres projets sous microscope.
CIBLER LES CELLULES INDÉSIRABLES
La radiothérapie, associée ou non à la
chimiothérapie, est le seul traitement recommandé
pour les cas de cancers du col avec métastases. En raffinant
l’étude des oncogènes viraux E6 et E7 à
l’aide de modèles cellulaires, les travaux du Dr
Rodier, menés en collaboration avec le département de
radiologie, radio-oncologie et de médecine nucléaire
du CHUM, visent à identifier des composés chimiques
qui sensibilisent à la radiation seulement les cellules
exprimant ces gènes responsables du cancer du col de
l’utérus en épargnant les tissus sains.
Actuellement, les sels de platine utilisés en synergie avec
la radiothérapie sont très toxiques pour les
systèmes digestif, auditif, neurologique et
hématologique, tout comme la radiothérapie, puisque
toutes les cellules qui se trouvent sur la trajectoire du faisceau
de rayonnement sont irradiées : les cellules saines comme
les cellules cancéreuses. Le rein est
particulièrement affecté, entre autres, bien
qu’il ne soit aucunement en cause dans le
cancer.
Si le Dr Rodier arrivait à identifier un composé qui
permette de mieux cibler la radiation, il serait possible
d’en réduire significativement les doses et les effets
secondaires, tout en augmentant l’efficacité du
traitement. Le taux de récidive du cancer du col de
l’utérus diagnostiqué à un stade
avancé est de 20 % en raison de la persistance des cellules
cancéreuses. Avec un traitement plus ciblé, on estime
que les effets secondaires seront réduits et que le taux de
récidive pourrait chuter considérablement
après la thérapie primaire.
RETOMBÉES POUR CERTAINS CANCERS ORAUX
Le fruit de ces recherches pourrait bénéficier aussi
aux patients atteints de cancers oraux (bouche, pharynx ou voies
nasales). Ces cancers sont liés à la présence
du VPH dans 20 % à 50 % des cas. Si l’on arrivait
à trouver des biomarqueurs permettant de détecter la
présence de métastases tout en ciblant plus finement
la radiosensibilité des cellules malignes, on pourrait
arriver à réduire considérablement les effets
secondaires, qui sont encore plus graves dans cette zone
critique.
« En ciblant davantage, on pourrait mieux prévoir les
effets secondaires et laisser au patient le choix de la zone de
traitement, dit le Dr Rodier. Ainsi, la thérapie serait non
seulement plus ciblée et plus efficace, mais elle serait
plus personnalisée en favorisant l’appropriation du
traitement par le patient.»
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