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Aucun autre chercheur dans le monde n’avait auparavant
identifié cette surprenante interrelation. Au cours des sept
dernières années, il a mené des recherches sur
ces gènes défectueux dont les effets pernicieux se
manifestent seulement lors du vieillissement.
Dans un groupe de souris modifiées
génétiquement pour être porteuses de ces
gènes défectueux, le chercheur a découvert un
lien entre la hausse de la pression artérielle et une baisse
de production d’hormone mâle (testostérone). Par
ailleurs, lors des expériences subséquentes
menées en éprouvette, il a confirmé que la
testostérone semble les protéger d’une
augmentation de la pression artérielle.
MUSCLES, ARTÈRES ET ADRÉNALINE
Les kinases en cause ici sont une famille composée de 15
membres et 9 partenaires de liaison. Bien que déjà
connus pour leur rôle très important dans le
fonctionnement de plusieurs organes et tissus, c’est la
première fois qu’ils sont associés à
l’hypertension. C’est ce que le Dr Wu a constaté
en étudiant la désorganisation
génétique de trois membres de cette famille. Il
étudie actuellement chacun des autres membres de cette
famille de molécules afin de mieux comprendre comment ils
font augmenter la pression sanguine. Par ailleurs, la pression
artérielle des souris femelles semble être moins
affectée par cette mutation.
« Même si nous ne comprenons pas complétement
comment les gènes affectent la pression artérielle,
nous pouvons dire qu’ils agissent sur deux plans »,
explique le chercheur. D’abord ils contrôlent
l’action des muscles lisses tapissant
l’intérieur des artères et affectent leur
contraction. Un degré élevé de contraction
réduit le périmètre du tube artériel,
qui comprime alors le flux sanguin. D’où
l’hypertension. Deuxièmement, ces gènes
contrôlent aussi la sécrétion de
l’adrénaline, dont l’augmentation entraîne
une hausse de la pression artérielle.
VERS UN TRAITEMENT HORMONAL DE REMPLACEMENT?
Cette découverte pourrait un jour favoriser
l’exploration de nouveaux traitements ciblés pour un
sous-groupe de la population masculine présentant des
mutations de cette famille de gènes. Dans ce sous-groupe,
l’hypertension apparaît en vieillissant, alors que le
niveau de testostérone commence à baisser. En
théorie, ces hommes pourraient profiter de
suppléments hormonaux, qui causeraient peu d’effets
secondaires indésirables tout en offrant un traitement
sécuritaire contre l’hypertension. Cependant, ce
programme de recherche étant de nature fondamentale et
exploratoire, il est trop tôt pour affirmer que les
résultats obtenus par le Dr Wu sont transférables
chez les êtres humains. L’équipe du chercheur
est déjà penchée sur cette
question.
Par ailleurs, le Dr. Wu prévoit des collaborations avec des
généticiens au CRCHUM et ailleurs dans le monde afin
de déterminer la proportion d’hommes qui
présentent cette mutation génétique afin de
trouver une façon de les identifier rapidement. Ainsi, dans
l’éventualité où les résultats
obtenus chez les souris pourraient effectivement être
transférés aux êtres humains, on pourra leur
offrir des traitements hormonaux afin de combattre leur
hypertension.
HORS DES SENTIERS BATTUS
Auteur de plus d’une centaine d’articles publiés
dans des revues scientifiques, le Dr Wu a acquis une
réputation scientifique enviable en immunologie, notamment
dans le domaine du rejet des greffons et des maladies auto-immunes.
Toutefois, cette découverte fortuite d’un lien entre
l’hypertension et les hormones mâles est celle dont il
est le plus fier. « C’est vraiment excitant de quitter
les sentiers battus et découvrir des choses que normalement
on ne verrait jamais », déclare le Dr Wu. Bien
sûr, des idées nouvelles en science doivent faire
leurs preuves, et le chemin d’expérimentation et de
validation rigoureuse est long. Mais cette perspective ne semble
pas décourager le Dr Wu, qui demeure convaincu qu’il
sera un jour en mesure d’apporter de l’aide aux hommes
hypertendus. Ce programme de recherche a été rendu
possible grâce au soutien de la Fondation J.-L.
Lévesque et la collaboration de plusieurs
collègues.
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